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(Shaliver) I will give u pearls of rain come from countries where it never rains

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Mer 8 Nov - 18:44
Le froid de la nuit New Yorkaise commençait à engourdir ses membres, s’immisçant dans chaque parcelle de son être, lentement, mais sûrement. Ses doigts se raidirent dans les poches de sa blouse, triturant son téléphone, avant qu'il n'extirpe ce dernier et le fasse tourner dans sa main. Impossible de se résigner à rentrer à l'intérieur de l’hôpital. Pas maintenant, pas tout de suite. Il voulait profiter encore un peu, ne serait-ce que quelques minutes, du calme environnant. De sa pause. La clameur résonnant dans la rue, les voitures défilant à toute vitesse, les passants se hâtant de rejoindre leur domicile, tout cela était une bien drôle de définition du flegme. Malgré l'heure avancée de la fin d'après-midi, la grosse pomme était toujours aussi vivante, toujours aussi pressante. Qu'importe, il n'aspirait qu'à une chose ces derniers temps, l'ataraxie. Se retrouver à l'air libre, était déjà une bonne chose en soi. A peine eut-il terminé de rédiger un sms à Aaron, l’un de ses meilleurs amis, que machinalement il pianota à nouveau sur l’écran. Sur un coup de tête et sans doute de folie aussi, il envoya un message à Shae, lui demandant d’être prête pour 20h et qu’il passerait la chercher. Tête appuyée contre la vitre située derrière lui, un instant durant, il apprécia cette sensation de plénitude qui s’emparait de lui. Il resta là, les yeux mi-clos, la tête légèrement rejetée en arrière, le haut de son crâne frôlant la vitre glacée, écoutant le bruit de sa propre respiration. Il put apprécier, tout à sa guise, le bruit caractéristique du papier de cigarette se consumant, lorsque son collègue, situé juste à côté de lui, aspira une longue bouffée de sa cigarette. « T’as une sale tronche Ortiz ! Tu devrais penser à t’reposer un peu parfois… », lui asséna sans ménagement son collègue. « C’est exactement ce que je comptais faire ce soir ! Merci pour le compliment, ça me va droit au cœur… Et toi tu devrais arrêter de fumer ou de raconter des conneries… La connerie tue plus que le cancer, ou bien c'est l'inverse ! », préféra s’amuser Oliver, avant de rejoindre le service de pédiatrie et de continuer sa journée. En temps normal, les journées défilaient bien trop vite au goût de l’infirmier, mais pas aujourd’hui. Le temps semblait anormalement ralenti en cette fin de journée. Rien ne se passait et il avait tout à loisir d’anticiper la soirée qui allait arriver. D’anticiper ou de stresser. Les deux très certainement. Elle lui manquait, il avait hâte de la retrouver. Après quelques appels au laboratoire pour obtenir des résultats pour un nouveau-né en détresse respiratoire et quelques autres bricoles de routine, la journée s’acheva enfin. Avec soulagement, il abandonna sa tenue au vestiaire et prit aussitôt la direction de son appartement. En parlant d’ataraxie, une sorte de paix intérieure s'emparait de lui, ce repos de l'âme qu'il cherchait tant, alors qu’il traversait ce quartier qui lui était si cher à présent. Il avait enchainé les heures à l’hôpital ces derniers jours et sentait comme une chape de plomb sur ses épaules. La soirée qu’il instiguait avec Shae visait avant tout à ce qu’ils passent tous deux un bon moment, mais aussi à fêter une occasion. Même si cela ne faisait que quelques mois qu’ils étaient ensemble, Oliver en était venu à se dire qu’il était important de marquer le jour. Partir sur de bonnes bases, construire cette relation de la manière la plus solide/saine possible et surtout dans une harmonie, une équité. L’infirmier n’avait pas vraiment l’habitude des relations amoureuses, pour la simple et bonne raison qu'il avait toujours été déçu. Il avait fini par ériger une muraille tellement immense entre lui et l'extérieur, que toute approche avait été vaine depuis 3-4 ans. Mais avec Shae, quelque chose (d'étrange peut-être), s'était opéré et il n'avait pas peur d'avancer avec elle, main dans la main, pas après pas, sans se brusquer l'un et l'autre. Il avait confiance en la petite brunette, ce petit papillon fragile, sur lequel il avait envie de veiller.

Rentré chez lui, il s'empressa de nourrir Guizmo le siamois lunatique, manqua de se faire griffer dix fois en voulant lui faire un câlin et abdiqua finalement au profit d'un bon café. Laissant son regard vagabonder quelques instants par la fenêtre de la cuisine, tout en sirotant le breuvage marron, il pensa à quel point il était chanceux. En cet instant, il était heureux tout simplement. Heureux d'avoir un travail qu'il adorait, des ami(e)s en or, une famille aimante et Shae. Un immense sourire se dessina sur son visage à cette pensée. Elle le hantait bien plus qu'il ne voulait l'admettre. Il fit un semblant d'effort vestimentaire pour la soirée, du moins une chemise et un jean feraient très bien l'affaire, la jeune femme risquait de se demander ce qu'il allait se passer sinon. Délaissant Guizmo à sa petite vie tout à fait intéressante, il tomba au détour d'un block sur un fleuriste. Pourquoi pas, il ne lui avait jamais offert de fleurs. Il n'y connaissait rien, ce qui fit beaucoup rire la fleuriste, qui le conseilla. Son choix se porta sur un classique du genre, des roses. Bouquet en main il se dirigea vers le métro le plus proche. Il se moqua intérieurement de lui-même en avisant sa silhouette avec le bouquet, dans un panneau publicitaire. La jeune femme lui donnait envie de faire ce genre de cadeau, avec spontanéité. Après quelques arrêts de métro, le brun arriva à destination. Il sonna à l’interphone du bâtiment pour s’annoncer et demanda à la jeune femme de descendre. Adossé contre la porte de l’immeuble des colocataires, Oliver attendit patiemment (le cœur battant la chamade) que Shae pointe le bout de son nez. Quand elle arriva après quelques minutes, il se redressa et lui tendit le bouquet de fleurs qu’il tenait en main « Bonsoir toi ! Je les ai trouvées… par terre ! », après un clin d’œil rapide, il l’étreignit aussi doucement que possible et lui vola un baiser. Il avait appris de ses erreurs et laissait Shae les guider au rythme qu'elle voulait bien donner. Pas plus, pas moins. Le jeune homme s'était posé des tonnes de questions lorsque leur relation n'en était encore qu'au stade « amical ». Longtemps, il s'était demandé s'il ne faisait pas une erreur monumentale et si elle n'allait pas finir par prendre la fuite dès qu'elle irait mieux. Dès qu'elle se serait rendue compte que le monde n'attendait qu'elle. Et puis non, il s'était trompé, dans le bon sens du terme et Shae était toujours là. Quelque part, ils avaient autant besoin de l'un que de l'autre. « Tu as passé une bonne journée ? », lui demanda-t-il tout en passant un bras par-dessus l’épaule de la jeune femme et de se mettre en route, en direction du lieu dans lequel se déroulerait leur soirée. 

Oli’ n’avait pas réservé de table, mais il était sûr qu’il y aurait forcément de la place. Il y en avait toujours, enfin c'est ce qu'on lui avait dit, surtout à cette heure peu tardive. Le restaurant était situé dans une rue tranquille, proche de l'appartement de Shae. L’ambiance y était toujours calme et décontractée. Ce n’était pas par hasard qu’il avait choisi ce restaurant et pas un autre. Soucieux du bien-être de la brunette, lorsqu’ils étaient amenés à sortir, Oli’ faisait en sorte de choisir des endroits appropriés, c’est-à-dire toujours paisibles où la jeune femme ne se sentirait pas en difficulté. Peu importe que le lieu ne soit pas fancy ou hype, la satisfaction de Shae étant bien plus importante que le reste. Il espérait d’ailleurs que la soirée plairait à la jeune femme, il avait toujours peur de mal viser et de l’emmener dans quelque chose où elle ne se sentirait pas à son aise. La maitresse des lieux vint les accueillir avec une chaleur immense et leur dégotta une petite table à l’étage de l’établissement. « Tu regardes pas les prix surtout, tu prends ce qui te fait envie ou plaisir, même si c’est trois desserts. Ce soir c’est moi qui invite… Enfin ne prend pas ça pour de la vantardise… C'est ta soirée ! ». Ils semblaient parfois tous deux marcher sur des œufs, ils tâtonnaient beaucoup, de peur de se tromper, de faire mal à l'autre mais aussi de se brûler les ailes. Chose qui eut le mérite de le faire sourire. « Je voulais juste fêter notre relation… Ce soir c’est un peu notre statut en couple sur Facebook… enfin tu vois ce que je veux dire ? », dit-il en mimant des guillemets. D’accord, il pourrait repasser pour l’explication, mais le cœur y était. Rapidement et pour dissiper toute gène éventuelle, il enchaina : « C’est Braeden et Aaron qui m’ont donné l’adresse, donc si c’est nul, tu sauras auprès de qui te plaindre ! ». Shae avait eu l’occasion de croiser le couple à plusieurs reprises, si le premier pouvait faire peur avec ses cheveux couleur de feu et ses idées à dormir dehors, le second quant à lui arrivait toujours à canaliser Braed et se révélait être la gentillesse incarnée. Il avait rencontré Braeden (un artiste Irlandais un peu excentrique de prime abord, enfin tout court) et Aaron (qui travaillait dans la finance), à son arrivée à New-York, lors d’un vernissage de l’Irlandais et depuis ils ne s’étaient plus quittés d’une semelle. Tahani (infirmière elle aussi, arrivée d’Inde il y a 6 ans) avait rejoint la bande plus tard et finalement, Josh le petit ami de cette dernière était venu se greffer tout naturellement au groupe. Tous formaient une petite bande dont la cohésion n’était plus à prouver. Tous les 4 avaient montés des tonnes de plans machiavéliques pour qu’Oliver en termine enfin avec le célibat, mais sans succès. 

Alors quand il leur avait parlé de Shae, tous avaient montré leur joie (avec cotillons et tout le tralala), véritable petit festival dans la tête de chacun. Ils avaient largement mis la charrue avant les bœufs, mais Oliver ne leur en voulait plus (du moins un tout petit peu, juste pour la forme). Lors de la rencontre avec la jeune vétérinaire, les 4 amis avaient immédiatement fait en sorte de mettre Shae à l’aise, par des petites blagues sur Oliver pour certains, des gâteaux pour d’autres ou des petites attentions tout simplement. Tous sans exception, avaient pu démontrer à Shae qu’elle aurait sa place au sein de « cette petite famille » qu’ils formaient ensemble, si elle le souhaitait et qu’ils étaient heureux pour eux. Tahani avait presque immédiatement donné son numéro de téléphone à Shae, au cas où avait-elle dit et Braed avait finalement exigé d’offrir son aide pour re-décorer l’intérieur de la colocation de Talisa et Shae. Oliver avait été obligé de le calmer dans son délire cosmique. Shae avait dû largement se sentir envahie ce soir-là et Oliver avait dû se répandre en excuses devant le comportement de tout un chacun. Ce souvenir fit sourire l’infirmier, qui revint au moment présent. « Ils te saluent tous sans exception d’ailleurs et veulent savoir ce que l’on fait pour le nouvel an… le délire de Braed cette année, ce serait de louer un chalet je ne sais où, pour s’empiffrer de fromage, le tout dans un jacuzzi ». Oliver ne put s’empêcher d’éclater de rire, l’Irlandais était parfois difficile à suivre. Tout en regardant la carte en coin, parce qu'il était plus intéressé par la présence de Shae que par ce qu'il allait manger (même s'il devait avouer qu'il mourrait de faim), il reposa cette dernière sur la table et posa doucement sa main sur celle de la jeune vétérinaire. « Aujourd'hui, ça fait tout juste un an et demi que l'on se connait ! », il avait l'impression d'avoir 15 ans, chose qui était absolument horrible. C'est presque s'il avait envie de se frapper avec le menu. « Je voulais marquer ça aussi... et te dire que je me sens vraiment bien avec toi... », il s'arrêta là parce qu'il était vraiment en train de s'emmêler les pinceaux et il détestait ça. Shae devait très certainement le prendre pour un attardé, en se demandant ce qu'il voulait vraiment. Il avait peur qu'elle se méprenne sur ses intentions, alors pour éviter toute confusion, il délaissa la main de la brunette pour reporter son attention sur la carte. « Qu'est-ce qui te ferais plaisir ? Ca te dis de partager une planche en guise d'apéro ? Je te laisse la charcuterie ! »

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One More Light
« I'm holding on why is everything so heavy? Holding on so much more than I can carry. I keep dragging around what's bringing me down, If I just let go, I'd be set free »by Wiise


Dernière édition par Oliver Ortiz le Ven 17 Nov - 15:26, édité 2 fois
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Dim 12 Nov - 12:48
So, so you think you can tell Heaven from Hell, Blue skies from pain. Can you tell a green field from a cold steel rail? A smile from a veil? Do you think you can tell? How I wish, how I wish you were here. We're just two lost souls swimming in a fish bowl. Year after year, running over the same old ground. What have we found? The same old fears. Wish you were here.
Oliver & Shae


Le bonheur ne s’acquiert pas, il ne réside pas dans les apparences, chacun d’entre nous le construit à chaque instant de sa vie avec son cœur. Ce dernier se gonflait d’une plénitude tendre et délicate mais toute aussi forte. Capable de le ressentir, la jeune fille se laissait enivrer par cette plénitude qui ne cessait de lui apprendre à respirer à nouveau. L’oxygène n’en devenait que plus frais, plus enclin à délivrer des messages dans lesquels la simplicité se mêlait à sa douceur pour ainsi lui permettre d’y croire. Plus les jours passaient, plus les heures s’écoulaient et plus la vétérinaire ressentait de l’affection pour les petites choses qui l’entouraient. Ses yeux s’ouvraient sur un monde qui n’était pas si affreux que ce qu’elle avait pu envisager jusqu’alors. Et tout ceci ne pouvait exister que grâce à sa meilleure amie et Oliver. Oliver. Son prénom était à même de dessiner le sourire sur ses lèvres alors que la mélodie l’emportait vers des instants particuliers et uniques pour elle. Ses yeux l’avaient envouté de la plus belle des manières alors que ses attentions n’avaient pu que l’encourager à se libérer un peu des chaînes qui l’avaient maintenu enfermée pendant des années. L’Amour qu’elle lui portait dépassait l’entendement, dans la mesure où la reconnaissance et l’envie de lui apporter un épanouissement grandissaient à chacune de leurs retrouvailles. Son univers se concevait dans les constellations de son regard. Et déjà, elle tentait d’en établir des cartes pour oser se reconnaître à l’intérieur. Les reconnaître, car ensemble ils avaient appris à se détourner du monde pour ainsi fonder le leur. Aussi, la jeune fille avait osé offrir son cœur à celui qui éveillait en elle tant d’espoir. Désireuse de pouvoir le combler de cette manière, sa certitude quant à ce bonheur qu’ils construisaient emplissait chaque parcelle de son être de cette bienveillance qu’elle retrouvait toujours dans ses attentions. Oliver méritait tant. Si bien, qu’il lui semblait impossible de ne pas oser imaginer un seul instant sans lui, sans sa douceur, sans sa prévenance, mais surtout sans son sourire. Ce simple geste amenait l’ensemble des espérances de la vétérinaire à croire en un meilleur, à songer en cette délivrance grâce à laquelle leur simple amitié avait pu s’envoler pour ainsi délivrer ce papillon qu’ils formaient ensemble. Sa naïveté l’emportait surement encore vers des chemins qu’elle n’aurait peut être pas du envisager. Cependant, elle désirait plus que tout prendre les mêmes routes que celles qu’il lui montrait. Main dans la main, sa tête se reposant sur son épaule, l’éclat du soleil était à même de pouvoir leur apporter une chaleur dans laquelle la sérénité s’accordait volontiers avec la confiance pour qu’ils puissent y grandir à l’intérieur. S’y épanouir ensemble, comme ils avaient appris à le faire jusqu’ici. Etait-ce cela que de pouvoir vivre pleinement sans craindre d’un reproche quant à son droit de vivre ? La jeune fille osait songer en quelques fondements de cette certitude alors que son cœur chantait encore face à ces émotions qu’il avait sues lui partager. Son espoir dépassait l’entendement de cela, mettant ainsi en évidence quelques élans plus romantiques veillant à chercher quelques signes dans ce qu’il lui avait toujours donné. Elle ne le décevrait pas. Du moins, se battrait-elle pour que cela n’arrive jamais et ce même si elle en connaissait les difficultés. Son anxiété s’estompait au fil du temps, ne lui laissait derrière elle que quelques souvenirs honteux quant à des situations qui l’avaient figé. La foule l’effrayait encore, mais ce n’était rien en comparaison de ce qu’elle avait pu craindre avant lui. Il l’avait délivré, tout comme Talisa avait pu l’effectuer à son tour également. Et pour toujours la jeune fille leur serait reconnaissante de tout ce qu’ils avaient faits pour elle. Le sourire ne la quittait plus et veilla même à grandir devant l’écran de son téléphone au moment où elle lisait le message qui lui était destiné. Oliver veillait toujours sur elle de la plus belle des façons. Tous les deux apprenaient encore à construire cette relation qui les épanouissait et chacune des attentions qu’il pouvait lui offrir l’amenait à songer en ce bonheur qu’ils construisaient. Heureuse d’apprendre qu’un peu de repos lui était accordé, la jeune fille laissa ses doigts pianoter doucement sur l’écran tactile de son téléphone pour lui espérer un meilleur pour la fin de sa journée. L’infirmière méritait du calme mais aussi de ménagement, tant elle connaissait son implication dans sa profession. Bien sûr, elle répondit à l’affirmative pour l’invitation et s’enquit de le rassurer à sa manière en glissant dans la fin de son message le fait qu’elle avait hâte de le retrouver. Oui, l’impatience lui était nouvelle. Bien sûr, elle se tempérait néanmoins, elle lui prouvait à son tour de la manière dont ses sentiments devenaient de plus en plus présents dès lors qu’elle songeait à lui.

Heureusement, la fin de la journée venait tout juste de sonner de son côté et bientôt elle savait que leur rencontre n’en serait que plus tendre. Veillant à effectuer les rites protocolaires à rendre tous les soirs, la vétérinaire rejoignit enfin l’habitacle de son véhicule pour rejoindre leur appartement à Talisa et elle. Bien entendu, Spooki en profita pour la saluer comme à son habitude, laissant ainsi la jeune fille profiter des câlins qu’il voulait bien lui donner. Après quoi, elle sortit le labrador et veilla à l’amener au parc pour une petite séance d’amusement dont lui seul en détenait les secrets. Sa joie ne la quittait plus, l’amenant à rire devant les quelques sauts improvisés effectués par le jeune chien. Sa détermination était un signe de son bonheur, tant cette dernière prouvait à qui voulait bien le voir qu’il était probablement le chien le plus aimé de la terre. Bien sûr, sa jeunesse le rendait encore fougueux pour quelques occasions et il n’était pas rare qu’il se fasse rappeler à l’ordre pour ainsi contenir son impulsivité. D’ailleurs dès qu’il voyait un autre chien, Spooki ne pouvait pas s’empêcher d’aller à sa rencontre pour jouer. Chose qui était plus ou moins bien perçu par le protagoniste en question. Mais là encore, Talisa et elle avaient toujours su maintenir la ligne qu’il fallait pour lui permettre de comprendre les limites à ne pas dépasser. Ce soir, le jeune chien était calme et s’amusait à son rythme sous les impulsions de lancés effectués par la vétérinaire. Les câlins fusèrent tout comme les bonnes recommandations et autres félicitations qu’elle adorait lui donner quand il restait sage. Tous les deux restèrent une bonne heure ici, jusqu’à ce que finalement le temps soit venu pour la jeune fille de se préparer pour la soirée. A son retour à l’appartement, Shae ne manqua pas de prévenir sa meilleure amie mais également de lui demander son aide pour paraître un peu moins… terne. Même si Oliver la connaissait pour sa simplicité et son naturel, il n’en restait pas moins que la jeune fille désirait lui plaire un peu à chaque fois qu’ils se retrouvaient. Tout comme elle désirait également pouvoir prendre soin de lui de la même manière que lui pouvait le faire pour elle. Telle une épaule sur laquelle il pouvait se reposer, Shae essayait de lui prouver un peu plus à chaque fois que ce qu’il offrait lui revenait de plein droit et dans une réelle sincérité. Les essayages furent assez laborieux. Talisa avait essayé de rassurer Shae sur le fait qu’une robe n’était pas aussi difficile à porter. Mais rapidement son naturel lui revint alors que la honte la saisissait quant à des éventuelles parcelles de peau qu’elle pourrait montrer. Les marques ne s’y voyaient plus, pourtant, la jeune fille arrivait à les sentir encore dans le malaise qui la hantait. Sa meilleure amie ne baissa pas les bras pour autant, Talisa possédait de cette force de caractère qui encourageait Shae à affronter certaines de ses peurs, et émit l’idée d’y aller petit à petit. Toutes les deux laissèrent de côté la robe pour opter pour un pantalon plus habillé avec un chemisier à col rond qui révélait juste ses bras. Il s’agissait là d’une première étape qu’elle voulait franchir pour Oliver (même si il l’avait déjà vu en short chez lui). Elle osa faire confiance à sa meilleure amie qui l’encourageait encore et avait tenu à lui maquiller au moins ses yeux. La jeune fille la laissa faire sans pour autant oser se regarder dans le miroir. Peut-être y parviendrait-elle plus tard, mais pour l’heure, elle craignait de voir son reflet lui échapper et réveiller des angoisses passées. Chose qu’elle ne désirait pas, elle ne voulait pas se figer, au contraire, sa seule préoccupation résidait dans le fait de désirer accorder une bonne et belle soirée à Oliver. A lui, qui, lui donnait une confiance qu’elle chérissait de la plus douce des manières et qu’elle cherchait à lui rendre à son tour. Son sourire était en train de s’échanger avec Talisa alors qu’elle la remerciait de sa manière réservée. La sonnette la fit légèrement sursauter mais bien vite cette appréhension s’envola pour laisser place à la joie dès l’instant où elle reconnut la voix du jeune homme. Il devait probablement avoir entendu son ravissement dans l’interphone et une fois des chaussures mises et une veste fermée,  la jeune fille s’empressa de le rejoindre en bas de l’immeuble. Son cœur l’emporta vers cette mélodie enchanteresse et ce même si le froid lui donna l’impression de mordre ses joues. « Bonsoir. » Ces dernières se rosirent davantage au moment où ses yeux se posaient sur le bouquet qu’il lui tendait. « Par terre ? » répéta t-elle dans un ton amusé au moment où ses doigts frôlaient les siens pour se saisir du bouquet. Délicatement, la jeune fille laissa son nez se perdre sur l’un des boutons de roses pour ainsi y humer du parfum léger de ces dernières. « Merci, elles sont très belles. » lui révéla t-elle dans ce ton timide au moment où ses émeraudes croisaient ses saphirs. Les élans de son cœur l’enivraient davantage à cet instant et bien vite ses bras retrouvèrent cette place qui lui semblait naturelle pour elle. Contre lui, ses lèvres venaient à peine de retrouver son havre de paix dans ce baiser qu’ils échangeaient. Le contact rompu, la jeune fille laissa ses yeux se perdre un peu sur son visage, désireux d’y transmettre de sa gratitude mais surtout de ce bonheur qu’elle retrouvait à peine. Son évidence était là, juste en face d’elle. Et bien vite leurs habitudes les amenèrent à prendre place l’un avec l’autre dans ce naturel qui se voulait toujours partagé. « Assez bonne dans l’ensemble et la tienne ? Tu vas pouvoir te reposer un peu ? » s’enquit-elle alors qu’elle laissait ses doigts jouer un peu avec les siens jusqu’à ce qu’ils ne se crochètent délicatement à eux. Elle maintenait fermement son bouquet de rose à l’aide de son autre main et ses yeux alternaient volontiers entre le chemin à prendre et le visage du jeune homme.

L’air s’engouffrait un peu plus dans ses poumons, son inspiration n’en devenait que plus libératrice alors que son cœur l’emportait vers des paysages qu’elle reconnaissait maintenant. Sa confiance lui était naturelle et bien vite tous deux rejoignirent le restaurant choisi par l’infirmier. Le sourire de Shae n’en devint que plus encourageant alors qu’elle prenait conscience de sa prévenance une fois de plus. Le lieu se voulait calme et intime, pareil à ce dont ils aspiraient tous les deux. Elle reconnaissait dans ce choix tout ce qui faisait d’Oliver ce jeune homme au charisme déroutant, et à tout ce qui faisait qu’elle l’aimait. Son regard s’abaissa toutefois au moment où la maîtresse des lieux leur proposa une table, signe encore palpable de sa timidité, pourtant elle ne put s’empêcher de glisser un petit « Merci. » au moment où elle les quittait pour s’acclimater à l’espace. Ses yeux balayèrent un peu la carte des menus avant de finalement délaisser les lignes contrastées pour venir accrocher les iris océans du jeune homme. La surprise ne tarda pas à s’immiscer dans ses émeraudes alors qu’elle reconnaissait quelques signes bien distincts d’angoisse aussi bien dans la voix que dans les dires d’Oliver. « Ma soirée ? » répéta t-elle dans un chuchotement à peine audible. « Mais je croyais que… tu voulais qu’on passe un peu de temps ensemble... » Un éclair d’incompréhension passa devant ses yeux. Pourtant ce dernier eut tôt fait de s’abattre ailleurs alors que la justification de ses intentions ne tarda pas à se révéler. La comparaison eut tendance à raviver son sourire, surtout devant ce rapprochement avec les statuts des réseaux sociaux. Un rire lui échappa alors que ses joues se mirent une nouvelle fois à prendre une teinte rosée. Le fait d’entendre qu’Oliver les considérait comme un couple veilla à faire chanter un peu plus son cœur. « C’est ce qu’on est oui. » commenta t-elle le cœur au bord de ses lèvres avant qu’elle baisse son regard pour exprimer sa timidité. Cela lui faisait tellement chaud au cœur qu’elle en avait l’impression que son corps s’enflammait intégralement. Mais rapidement, elle tenta de se reprendre afin de regarder autour d’eux pour ainsi prendre connaissance des lieux et rassurer le jeune homme à sa manière. « C’est parfait. » finit-elle par conclure tout en cherchant à croiser le regard d’Oliver pour lui témoigner de sa reconnaissance et de sa joie de pouvoir être ici avec lui. « Je les remercierai plutôt. » Son sourire essayait de s’accrocher aux lèvres de l’infirmier, tant elle savait que ce geste le rassurerait. Oliver tenait énormément à ses amis au point qu’elle concevait parfaitement que ces derniers fondaient sa propre famille. Aussi y trouvait-elle là un nouvel apaisement en raison de son passé. Mais surtout un nouveau départ dans lequel tous paraissaient lui accorder une place. Jamais elle ne les remercierait assez pour cela, tout comme jamais elle ne les remercierait jamais assez pour permettre à Oliver de s’épanouir à leurs côtés. Accueillant les nouvelles qu’il osait lui partager, Shae ne tarda pas à relever un peu ses sourcils, signe de son attention, avant de finalement laisser la surprise la reprendre pour une fois de plus. « Tu ne vas pas dans le Marineland cette année ? »osa t-elle demander en raison des souvenirs de l’année passée. Mais rapidement le rire d’Oliver lui fit comprendre à quel point ses amis avaient une place importante pour lui mais aussi à quel point il désirait qu’ils soient ensemble cette année. « Un chalet ? C’est original le fait de manger du fromage dans un jacuzzi… » laissa t-elle échapper alors qu’elle se mettait à rire à son tour. « Je préfère vous laisser choisir entre vous et on ira où vous le voudrez. » Cette fois-ci la réserve de la jeune fille lui dicta de baisser un peu son regard pour dissimuler le sourire qui naissait sur ses lèvres. Cela lui faisait énormément de bien de sentir qu’elle avait une place avec lui, mais surtout de pouvoir élaborer des projets qu’ils vivraient ensemble. L’ambiance se révéla plus intime encore, à même de consolider les parois de cette bulle qu’ils construisaient ensemble au moment où la main d’Oliver chercha la sienne. D’un geste instinctif, la jeune fille laissa ses doigts se glisser entre les siens mais rapidement la chaleur l’irradia à nouveau devant les confessions qu’elle entendait. Son cœur se mit à battre plus fortement contre sa poitrine, son haleine se perdait et ses yeux s’embuaient doucement de larmes de joie face aux aveux qu’ils lui délivraient. Le temps lui donnait l’impression de se suspendre si bien que les mots se répétaient dans son esprit comme si ils étaient un rêve qu’elle vivait éveillée. Ses yeux alternaient entre ses iris, désireux de transporter avec eux cette cascade de bonheur qu’il lui offrait dans ses confidences. Son regard restait là, son corps se figeait tant bien même qu’elle ne se rendit pas compte qu’il avait ôté sa main de sur la sienne et qu’il cherchait à détourner l’attention pour ainsi retrouver une certaine contenance.

« Je suis bien avec toi, moi aussi. » Son ton exprimait l’amour qu’elle lui portait et naturellement sa main revint à trouver la sienne pour la ramener au niveau de ses lèvres afin d’y déposer un léger baiser. Elle ne voulait plus qu’il l’enlève, du moins pas maintenant. Voilà pourquoi, même si elle était gênée dans le bon sens du terme, elle laissa ses émotions prendre le dessus sur le reste et son pouce et son index se saisir de son annulaire pour lui prouver de sa sincérité. « Merci. » Oui, elle le remerciait pour ce qu’il venait de lui révéler, mais surtout pour sa présence qui continuait à façonner leur monde ensemble. Pendant plusieurs secondes encore, la jeune fille chercha à préserver ce qu’ils avaient avant de finalement se laisser guider par les intentions du jeune homme. « Promis, je te laisserai des rondelles de saucisson. » laissa t-elle échapper avant de se mettre à rire avec lui. Cela enchantait tellement son cœur de reconnaître ses tonalités mais surtout cette complicité qu’ils avaient tous les deux. D’ailleurs, elle serra un peu plus la pression sur son doigt et essaya de se concentrer un peu sur le menu pour ainsi choisir un plat à sa convenance pour la suite. « Tu as déjà une idée de ce que tu vas prendre ? » Sa question était purement curieuse et alors qu’elle lui laissait un peu de temps pour trouver une réponse adaptée à sa requête, la jeune fille redressa ses yeux une fois de plus pour vérifier du visage du jeune homme. « Comment tu te sens ? J’ai l’impression que tu es vraiment beaucoup fatigué ces derniers temps. » Son inquiétude se percevait nettement dans sa voix et déjà son regard laissa des traits de cette envergure prendre le dessus sur le reste. Rapidement coupés par l’intervention de la serveuse de toute à l’heure, Shae laissa Oliver commander l’apéritif avant de finalement le regarder avec ce même air inquiet. « Tout le monde va bien ? Guizmo entre en période d’hibernation ? » continua t’elle sur sa lancée tout en essayant d’appréhender certaines réaction de la part du jeune homme. D’ailleurs, cela l’amena à songer à sa dernière rencontre, qui pourrait surement lui faire plaisir. « Oh d’ailleurs Gigi est passée au cabinet dans la semaine. Sa petite Gala se porte bien, j’étais contente de pouvoir faire sa connaissance. » Un sourire lui échappa à nouveau, révélateur de son ravissement quant à cette occasion de pouvoir rencontrer des collègues du jeune homme et ainsi faire un peu plus parti de sa vie. Cela lui faisait énormément de bien et ses doigts exercèrent une légère pression sur les siens, comme si elle désirait tout simplement transmettre de sa douceur et de son courage, comme si elle cherchait à se raccrocher à lui pour lui prouver que leur réalité en vaudrait toujours la peine. « Elle m’a confié que tu parlais beaucoup de moi aussi. » L’amusement guettait son regard un peu plus enclin à partager tous ses sentiments, elle se sentait bien et elle espérait qu’il en était de même pour lui.




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shaliver ♒︎ Do you feel the same when I'm away from you ? Do you know the line that I'd walk for you ? We could turn around or we could give it up. But we'll take that comes. We're walking the wire, love.© endlesslove.
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Ven 17 Nov - 15:24
Parfois, il arrive un moment où il faut provoquer le destin. Le provoquer, dans le sens de le braver. Ajuster sa garde et trouver le meilleur angle d'attaque. Oui, il arrive un moment où il faut savoir saisir sa chance. L’empoigner à pleines mains, par la peau du cou. La secouer un peu, pour essayer de l'endormir, voire de l'amadouer. Et puis miser le tout pour le tout, lorsque les défenses du destin se sont amenuisées, en abattant finalement toutes ses cartes, faire tapis, tous ses jetons. Tout. Attendre le résultat, dans l'angoisse de tout perdre et voir finalement la chance se ranger de son côté. Une preuve indéniable qu'il ne faut pas se contenter d'attendre dans son coin que les choses veuillent bien se passer. Non. Cela ne fonctionne pas ainsi. A trop attendre et en étant trop poli aussi, on en vient à rater sa vie. La voir défiler sans en être vraiment maitre. La vie ne sourit réellement qu'à ceux qui osent. Prendre ce foutu destin à bras le corps donc. C'est ce qu'avait fait Oliver quelques mois plus tôt et il continuait dans cette direction. Direction fixée, afin de ne pas perdre Shae bêtement. Il avait décidé de prendre sa vie en main et de prouver à la jeune femme qu'elle représentait bien plus pour lui qu'une simple amie. Pas une seule seconde il ne regrettait ce saut dans le vide. Plutôt du genre à jouer la sécurité d'ordinaire, par peur de se casser les dents, de souffrir, voire de vivre une nouvelle désillusion, comme quelques années plus tôt, Oliver s'était laissé guider par son cœur plutôt que par sa raison pour une fois. Il devait bien se rendre à l'évidence, ce dernier était plutôt de bons conseils. Il devrait se rappeler de le suivre un peu plus souvent, ce boxeur, qui assénait des coups en rythme contre les côtes. Oliver, avait appris au fil du temps et un peu à ses dépens aussi, que si l’on tenait à quelqu’un (ou quelque chose) dans la vie, il fallait faire tout ce qui était possible pour ne pas le perdre. Et il comptait bien le prouver à Shae, par le biais de cette petite soirée improvisée de toute part. Parce que oui, malgré les apparences lui aussi était fatigué. Fatigué, désenchanté, vidé, d'avoir si souvent aimé sans véritablement aimer. Cela valait aussi bien pour sa famille que pour de potentielles relations amoureuses. Maintenant, il voulait une véritable histoire, avec une personne vraie. Une personne qui ne s'enfuirait pas à la première occasion, une personne qui l'aimerait dans son entièreté, pour ses qualités mais aussi ses défauts, qui saurait le faire grandir et le tirerait vers le haut. Une personne que lui aussi pourrait tirer vers le haut, qu'il ferait grandir à son tour et qu'il aimerait aussi pour ses petits défauts et ses qualités. Une personne qu'il n'aurait pas peur d'aimer et en qui il aurait totale confiance. Et cette personne, n'était autre que Shae.

Lorsque son regard se posa sur la brunette, son cœur se gonfla instantanément de ce sentiment d’une intensité nouvelle. Et il souriait. Il souriait de plus belle. Sans doute n'avait-il pas souri de cette façon depuis des lustres. Comme un con, comme s'il avait à nouveau 15 ans et que rien ne semblait véritablement important, du moins pas plus important que l'instant présent. Que tout était devant eux, que tous les champs restaient possibles. Il n'y avait aucune place pour le doute et le poids de quelconques responsabilités. Et c’était bon de se sentir vivant de cette façon. Juste vivant et de constater qu’elle réussissait à faire s’envoler une nuée de papillons, au creux de ses entrailles, dès qu’elle posait les yeux sur lui. Que la vie semblait subitement bien plus belle et qu'elle parvenait à faire s'évanouir l'obscurité. Elle devenait son monde, monde qu'ils bâtissaient à deux. Son abri contre la tempête. Oh ce n'était pas une simple attirance physique, cela dépassait de loin tout ce qu'il avait pu connaître et ressentir jusqu'à présent. Oliver n'arrivait pas à mettre de mots sur son ressenti, mais il adorait ça. Il adorait la façon qu'elle avait d'ébranler la moindre de ses convictions. De lui faire prendre conscience qu'avant de la connaître, il survivait plus qu'il ne vivait, en se raccrochant, comme un naufragé après sa bouée de sauvetage, à son travail. Et il souriant encore et toujours. Pour l'heure, il n'avait qu'une crainte, qu'elle finisse par s'évanouir telle une chimère, dans un songe glacé, qui le laisserait pétrifié et le souffle coupé. Oliver avait beau se répéter que seul le moment présent comptait, il persistait toujours chez lui un léger doute, une légère angoisse, due à son histoire de vie. Il ne savait que trop bien que tout n’est qu’éphémère et que tout peut s'arrêter du jour au lendemain, comme pour son père fauché en plein vol. Mais il préféra chasser cette éventualité parasite, avant qu'elle n'en vienne à ternir le tableau qu'il était en train de peindre mentalement. Le contact furtif des doigts de Shae frôlant sa main, lui donna une décharge électrique. Décharge qui lui prouvait une fois de plus qu'elle n'était pas comme toutes les autres. Qu'elle était cette personne spéciale et que quoi qu'il puisse en dire, il l'avait reconnue au premier regard. Comme si leurs deux âmes étaient en sommeil et qu'elles ne s'étaient réveillées qu'au contact l'une de l'autre. « Par terre exactement… je me suis dit que c’était bête qu’elles restent là ! Elles criaient : "Au secours, aide-nous !"... C'était pas beau à voir, je t'assures ! ». L’humour toujours, pour mieux faire passer les messages. L'attention sembla faire plaisir à Shae. Oliver remarqua qu'elle rougissait un peu moins et qu'elle semblait un peu plus à l'aise lorsqu'il lui offrait quelque chose. Sans doute avait-elle pu se rendre compte qu'il n'attendait rien en retour et que cela lui faisait tout simplement plaisir, de pouvoir la gâter de temps à autre. Une fois de plus, il avait tout simplement souhaité lui montrer qu'elle aussi avait droit à de petites attentions et qu'elle avait également le droit d'exister, au travers des gestes du quotidien, comme tout le monde. Un jour sans doute, lui révélerait-elle l'étendu du calvaire qu'elle avait pu vivre avec son ex petit-ami. Oliver avait très envie d'employer des mots bien plus grossiers en pensant à Kyle. Mieux valait pour ce dernier qu'il ne croise jamais sa route. L'infirmier n'étant pas certain de ne pas avoir envie de lui arracher les parties, pour les faire frire et les faire avaler par la suite à ce connard.

« Tu es magnifique au fait. Je n'osais pas te le dire », lui glissa-t-il à l'oreille, tandis qu'ils étaient blottis l'un contre l'autre. Le temps pouvait bien s'arrêter en cette seconde et le monde s'écrouler, plus rien ne semblait réellement important. Juste eux. Ensemble. Sans se soucier du reste, des passants qui leur jetaient des regards attendris, sourires en coin. Rien, ni personne. « La routine aussi. Je me repose là, ne t'en fais pas pour moi, je suis un grand garçon ! ». Shae mieux que quiconque était à même de comprendre ce qu'il pouvait éprouver à propos de son métier. Le besoin d'aider les autres, de faire quelque chose d'utile, de guérir les petits bobos tantôt physiques, tantôt d'une petite âme apeurée. Cela demandait énormément de disponibilité personnelle, de temps et d'investissement. Il était nécessaire pour eux de savoir prendre soin d’eux-mêmes. Mais on leur rendait au centuple. Il en était de même pour Shae avec ses patients à quatre pattes. Main dans la main, sillonnant les rues, comme des veines, écoutant les échos parvenant jusqu’à leurs oreilles, la clameur environnante. Autant de bruits et de lumières rassurantes (du moins qui le rassurait lui), comme autant de voix, tout le monde aussi proche qu’une famille et pourtant personne ne les remarquait. Ce sentiment d’être invisible au milieu de la foule grouillante, lui plaisait énormément. Sentiment de sécurité qui lui courait au creux des veines et qu’il tentait de transmettre à Shae, par le biais de son regard qui se voulait encourageant, mais aussi de cette protection qu’il lui offrait par l’intermédiaire de ce simple contact. Main dans la main toujours. Plus les mois s’écoulaient et plus il remarquait qu’elle semblait s’épanouir et réagissait un peu moins violemment à certaines situations. Il ne doutait pas qu’un beau jour, la chrysalide verrait s’échapper ce magnifique papillon qu’elle cachait. Et ce jour-là serait une véritable victoire pour la jeune femme. Et une belle revanche sur la vie. Oliver avait confiance en elle, Shae était en bonne voie pour y parvenir. Elle méritait tellement d’être heureuse, de ne plus s’excuser d’exister, de croquer la vie à pleines dents tout simplement.

« J'ai quelques jours de repos en fin de semaine prochaine, si c'était ça la question. J'ai des heures à rattraper. Je pourrais peut-être passer t'embêter un peu, si tu n'as pas de meilleur programme d'ici là ! ». De nombreux arrêts maladie le poussait à faire des journées bien plus importantes encore qu'à l'ordinaire. Chose qui n'avait pas échappé à Shae, qui semblait s'inquiéter pour lui. Il crocheta un peu mieux ses doigts à ceux de la jeune femme et lui caressa la joue de sa main libre, pour la rassurer. L'infirmier ne souhaitait vraiment pas qu'elle s'inquiète pour lui. Elle avait bien d'autres chats à fouetter, sans mauvais jeux de mots. Comme il venait de l'indiquer par une petite blague, il n'était pas question pour lui de s'imposer, surtout pas si elle avait déjà des choses prévues. Ils fonctionnaient ainsi, Oliver jugeait important que chacun puisse bénéficier de moments à soi, pour éviter de se sentir étouffer. Suivant les envies, les emplois du temps respectifs et le manque aussi, ils augmentaient ou non, les moments passés à deux. Comme ce soir. Même si l'occasion était un peu différente. Une fois le restaurant investi, Oliver eut tout à loisir de remarquer qu'Aaron et Braed ne s'étaient pas trompés sur le côté intimiste des lieux. Shae sembla s'effacer au moment où la maitresse des lieux vint les accueillir. Oliver eut instantanément mal pour la jeune femme et fit en sorte que ce moment de gêne dure le moins longtemps possible. Une fois installés, au calme et devant l'incompréhension qui se lisait clairement dans les iris émeraude de Shae, il ne put s'empêcher d'esquisser une légère grimace amusée. « Justement, l'un n'est pas incompatible avec l'autre! On peut dire que c'est notre soirée, si tu préfères et si ça te gènes. Je veux juste que tu te sentes bien et que tu choisisses ce qui te donne envie. C’est juste ça le but au final, passer un bon moment ensemble, après une semaine surement difficile pour nous deux. Et trinquer à l’avenir, rien de plus ! ». La suite, sa propre hésitation et le rire de la brunette, eurent raison des quelques barrières qui subsistaient. Il avait eu peur de mal faire ou de dire une connerie et finalement Shae semblait apprécier le fait qu'il mette des mots sur ce qu'ils représentaient l'un pour l'autre. « Au cas où il subsistait un doute... », s'amusa-t-il finalement. Aussi étrange que cela puisse paraître, il avait besoin de se rassurer sur ce point. De savoir qu'ils étaient toujours sur la même longueur d'ondes. Ses propres doutes furent bien vite balayés alors que le groupe d'ami(e)s se fraya un chemin dans la conversation. « Ça pourra attendre un peu. Ils risquent de te tenir la jambe pendant des lustres en exigeant de savoir comment la soirée s'est passée ». Ils étaient comme ça, ils adoraient les potins et encore plus lorsqu'il s'agissait d'Oliver. Ce qui pouvait être amusant d'un regard extérieur, mais plutôt fatiguant au bout de plusieurs années. Le sourire de la jeune femme trouva écho dans celui de l'infirmier, avant qu'il ne hoche la tête à la négative en réponse à sa question sur les fêtes de fin d’année.

Le brun se remémorait parfaitement le sentiment de manque, éprouvé lors des fêtes de l’année passée. Shae lui trottait déjà dans la tête, même s’il avait tout fait pour se voiler la face. Même ses proches avaient bien conscience qu’il y avait quelque chose et si personne n’avait tenté de lui tirer les vers du nez, personne n’était dupe. James, son beau-père, avait bien tenté une approche de son cru, en lui demandant s’il avait gagné au loto, parce qu’il n’était pas comme d’habitude. Question à laquelle il s’était contenté de répondre évasivement, le tout sur un ton mystérieux. Cette année, il n’avait pas envie d’être loin d’elle. Encore moins que l’année dernière s’il devait être parfaitement honnête avec lui-même. Il voulait être présent. Etre auprès d'elle. Parce que c’était aussi ça la magie de Noël, partager des moments en compagnie d’êtres aimés. « Non ! J’ai envie d’être ici cette année. De passer du temps avec toi. Je me disais que je pourrais peut-être inviter mes parents, à passer les fêtes par ici, par la même occasion. Je voulais voir ça avec toi, avant de leur proposer ! Si tu me dis non je ne t’en voudrais pas et je comprendrais au contraire que tu ne veuilles pas les voir… ». Sans doute était-ce trop tôt pour Shae. Alors il préférait voir cela avec elle de vive voix, pour éviter tout malaise et malentendu. Encore une fois, le but n’était pas de lui faire peur, mais plutôt de lui prouver qu’elle était importante pour lui et surtout qu’il avait besoin de stabilité. Il ne jouait pas et n’avait aucune intention de le faire à un moment donné. Pas plus demain qu'hier. « Vraiment il n’y a pas d’obligation, ils ne sont pas au courant. Mais je sais déjà qu’ils seront ravis de passer Noël ci et d’autant plus de faire ta connaissance. Avant que tu ne demandes, non ce n’est pas dans mes habitudes de présenter mes parents… ». Pas du tout même. En ce sens, l’infirmier avait envie de faire découvrir son univers à ses parents. Leur montrer son monde, son New-York. Qu’ils puissent voir par eux-mêmes à quel point il était heureux dans sa vie. Une façon sans doute aussi de les remercier, parce que s’il en était là c’était en grande partie grâce à eux. A Eleanor qui lui avait transmis cette passion pour la médecine et à James qui lui avait permis de devenir celui qu’il était aujourd’hui. « Et si tu te poses la question, ma mère n’est pas du tout tel le cliché de l’infâme bonne femme que l’on peut voir dans les films. C’est plutôt tout l’inverse ! Et mon beau-père adore raconter des blagues… à force on les connait toutes, un public neuf lui ferait du bien ! ». Même si ce dernier ne remplacerait jamais dans son cœur son père biologique, il aimait énormément James, à contrario de sa sœur.

Les fêtes de fin d’année n’étaient pas particulièrement la tasse de thé d’Oliver. Cela faisait remonter à la surface bien trop de mauvais souvenirs. On lui avait dit et répété des centaines de fois qu’il fallait une année complète, pour accepter la perte d’un être aimé. Qu’il était nécessaire de survivre à chaque célébration, que ce soit Noel, Thanksgiving, les anniversaires. Que s’il arrivait à tenir le coup durant toute une année, alors il avait des chances de faire son deuil. Mais voilà, une année en avait vu passer une autre et encore une autre. Et ainsi de suite. Quatorze ans plus tard, il en était toujours au même stade. Celui de la colère et de l’incompréhension. Ce goût âcre, qui n’était pas qu’une question de temps. Le départ brutal d’Addison, cette blessure béante impossible à cicatriser. Peut-être et tout simplement qu'il n'y parvenait pas car sa sœur était toujours en vie, foulant, quelque part, de ses pas la surface de la terre. Mais il ne savait où. Elle n'était pas morte, du moins pas dans le sens littéral du terme, ce qui rendait les choses d'autant plus difficiles. Il n'y avait pas cette cassure « réelle » qui l'aurait empêché de la voir à nouveau. La seule en réalité qui l'en empêchait et bien n'était autre qu'elle-même. Longtemps, il avait souhaité faire une marche arrière rapide. Tout rembobiner, pour mieux recommencer. Mais ce n'était pas possible. Cette partie de sa vie resterait à tout jamais un poison, un virus qu'il avait dans le sang et il n'y aurait que lorsqu'il ne serait plus que la souffrance disparaitrait enfin. Le brun n’avait évoqué que succinctement l’épisode concernant sa sœur. Il ne l’évoquait que rarement, gardant peut-être jalousement cette relation qu’il idéalisait sans doute, pour lui. Rien que pour lui. En parler serait très certainement bénéfique pour Oliver. Peut-être plus tard, au détour de la conversation. Pour l’heure, la discussion tournait autour des idées étranges des ami(e)s du couple. « L'idée du chalet peut-être sympa, pour le reste c'est clairement du Braeden dans toute sa splendeur... On devrait noter quelque part toutes les propositions farfelues qui peuvent lui traverser l’esprit. C'est pas vraiment mon truc le jacuzzi en plus. » Et très certainement encore moins celui de Shae. Il ne voulait pas la mettre en difficulté et malgré ce qu'elle avançait, il était important qu'elle puisse choisir et donner son avis. « On a tous notre mot à dire. C'est normal même. On a pas pour habitude de ne pas s'écouter les uns les autres. Ce qui m'importe réellement c'est de passer du temps avec toi. » Oliver espérait grandement ne pas lui faire peur en disant cela. A nouveau, ce n’était pas le but. La main de Shae qui venait se lover à nouveau dans la sienne le fit sourire instantanément. Qu’il devait avoir l’air con de sourire ainsi. Mais il n’y pouvait rien. Il avait l’impression de perdre la raison, mais une fois de plus il en était heureux. D’autant plus lorsque les lèvres de la jeune femme effleurèrent ses doigts. Un frisson d’aise le parcouru, tandis qu’elle évoquait le fait qu’elle aussi était bien avec lui. « Ça va surement te paraitre bête, mais je me sens… vivant, en ta compagnie ! ». C’était certainement la phrase la plus nulle qu’il lui ait jamais été donné de prononcer, mais c’est exactement ce qu’il ressentait. Il n’était pas aisé de mettre des mots sur ses sentiments, mais c’était réellement ça. Il avait l’impression d’exister au travers du regard de la jeune femme. D’exister et d’avoir la sensation de ne pas être singulier. Même s’il n’avait pas pour habitude de se croire au-dessus des autres, non ce n’était pas ça. Shae lui donnait l’impression qu’il était possible de déplacer des montagnes et que tout était bien plus beau à ses côtés. En résumé, il était en train de tomber amoureux.

Oliver n’arriva pas à contenir une grimace de dégout, devant la proposition de Shae, visant à lui laisser les tranches de saucisson. « Je te les laisse volontiers ! Mais je veux bien faire des lunettes avec la peau… ». Finalement il s’amusa de cela avec elle. Étrangement, il avait mis du temps avant de lui avouer que non il n’aimait pas la viande et qu’il n’en consommait plus depuis plusieurs années. Comme s’il s’agissait là d’une tare quelconque. Chose parfaitement inavouable. Ce qui avait amené quelques situations ubuesques, dont ils s’amusaient aujourd’hui. « Le seul plat végétarien de la carte sans doute… », il releva la tête et lui adressa un clin d’œil. Cette soirée promettait d’être une preuve de plus de leur jolie complicité. Tout naturellement, il lui retourna la question, soucieux de savoir si quelque chose lui plaisait. « Et toi ? Quelque chose te fait envie ? ». La main de Shae toujours dans la sienne, il décortiqua la carte, avant de répondre à l’interrogation inquiète de la brunette. Cela le fit sourire. « Je dois vraiment avoir une sale tête alors. Plusieurs collègues m’ont fait la même remarque aujourd’hui. Je vais finir par investir dans de l’anti-cernes. Peut-être que tu pourras me conseiller d’ailleurs. Je plaisante… J’ai pas mal enchainé les heures comme je disais tout à l’heure, mais ça va, ne t’en fais pas ! Le principal c’est que toi tu sois en pleine forme ! Ce n’est pas trop le rush en ce moment, avec l’arrivée de l’hiver et les petits ou gros bobos qui vont avec ? ». Comme à l’accoutumée, Oliver se souciait bien plus du sort des autres que du sien. La serveuse les coupa finalement dans leur discussion. Le brun commanda pour eux deux l’apéritif, après que Shae lui ait indiqué ce qu’elle souhaitait prendre. Une lueur d’inquiétude dansa à nouveau dans le regard de la brune, tandis que la serveuse s’éloignait par la suite. « Ils vont tous bien ne t’en fais pas… fidèles à eux-mêmes ! Et comment va Tali’ ? Ça fait un moment que je ne l’ai pas croisé à l’hôpital… depuis qu’elle a arrêté de jouer à l’inspecteur Gadget en fait ! ». Ce qui eut tôt fait de le faire rire. A croire qu’il avait finalement passé le test made in Talisa, avec mention " n’est pas un psychopathe notoire ". « Guizmo oscille entre la douceur incarnée et la transformation soudaine en horrible Mogwai, donc on peut dire qu’il va bien… Il te remercie toujours pour sa patte ! Et Spooki se porte bien ? Tu es sûre que ça va ? Je te sens un peu… angoissée ! Enfin je me trompe peut-être ! ».

Il espérait grandement se tromper. Cela lui faisait toujours largement mal au cœur de voir Shae se refermer sur elle-même à cause d’une situation angoissante. Bien sûr elle n’était pas en sucre et le but n’était pas de lui ériger un temple visant à la mettre à l’abri de tout et surtout de l’extérieur. Bien au contraire. Oliver souhaitait l’accompagner et lui prouver ainsi qu’elle n’avait rien à craindre à ses côtés. Que malgré les coups assenés par la vie, on réussissait toujours à se relever. Toujours. L’humain détenait cette capacité incroyable de pouvoir faire face à n’importe quelle situation. Peu importe le temps parfois nécessaire pour se reconstruire, arrivait toujours le moment où il était possible de se tenir à nouveau sur ses deux pieds. Pour recommencer de plus belle. Et c’est tout ce qu’il souhaitait à Shae. La conversation s’enchaina, tandis que la serveuse revenait avec leur commande. Oliver la remercia, avant de se concentrer à nouveau sur Shae. « Alors comme ça vous parlez de moi dans mon dos ? » , s’amusa-t-il instantanément. Connaissant Gigi, il savait pertinemment qu’il n’y avait eu aucune once de méchanceté dans l’échange avec Shae. « Nos animaux sont tous des casse-cous il faut croire… Elle t’a fait bonne impression ? », demanda-t-il juste comme ça, à tout hasard, plus pour servir la conversation que par réelle curiosité. « C’est bien ma veine, mes ami(e)s sont incapables de tenir leur langue ! Je plaide coupable… ». Un peu gêné, il baissa instinctivement le regard, avant de faire une nouvelle grimace et de s’emparer de son verre et de le lever. « Et bien… à nous, à cette soirée et au futur ! ». Son sourire n’en faisait que de grandir encore et toujours.

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Lun 27 Nov - 15:16
So, so you think you can tell Heaven from Hell, Blue skies from pain. Can you tell a green field from a cold steel rail? A smile from a veil? Do you think you can tell? How I wish, how I wish you were here. We're just two lost souls swimming in a fish bowl. Year after year, running over the same old ground. What have we found? The same old fears. Wish you were here.
Oliver & Shae


Un sourire était à même de pouvoir délivrer des messages inaudibles. Timide, il dégageait de ces petits détails qui laissaient sous entendre en un bonheur atteint. Une plénitude dans laquelle le bien être se réfugiait délicatement dans ce bien être dont les parois se consolidaient un peu plus à chaque fois. Les traits n’en devenaient que plus perceptibles, comme si ils révélaient combien la présence de l’autre devenait un apaisement certain dans lequel le refuge se dessinait sous les allures d’un foyer que l’on découvrait à peine, mais qui pourtant, revêtait cette place bien particulière d’une reconnaissance grandissante. Chacune des pièces s’inscrivaient de plus en plus dans cette constance qui participait à la complicité. Un autre seuil se franchissait et la confiance était celle qui prenait le dessus et berçait dans ses bras tout en fredonnant d’une mélodie douce et délicate pour que le cœur veille à s’apaiser. Il trouvait enfin le réconfort, celui là même qui osait lui laissait croire en un meilleur, en ce meilleur qu’il ne pouvait reconnaître que dans les iris océan du jeune homme. Oliver avait su apprivoiser Shae. Avec sa patience, avec sa détermination, mais surtout cet altruisme qui faisait de lui cette personne pour laquelle la jeune fille était prête à tout donner. Le moindre de ses efforts, la moindre de ses volontés quant à ce désir d’aller de l’avant, s’accompagnaient irrémédiablement de ce désir de ne pas le décevoir, de simplement vouloir lui témoigner de cette profonde gratitude qui l’emportait vers des élans d’espoir à la moindre occasion. Son sourire avait évolué au fil de leurs rencontres, aux rythmes des évolutions qu’ils avaient pu élaborer ensemble, si bien qu’il se présentait aujourd’hui sous les traits d’un amour qu’elle était prête à lui offrir. Sincère, délicat, ce dernier représentait le but pour lequel la vétérinaire était à même de gravir les montagnes les plus hautes, juste pour pouvoir admirer une fois encore, cette expression de bonheur dans le fond de son regard. Juste pour avoir la chance de reconnaître l’univers dans lequel, il lui avait donné la chance d’avoir sa place. Elle existait enfin grâce à lui. Elle ne regrettait plus de respirer, parce qu’il lui offrait cette bulle d’oxygène dans laquelle elle se perdait sans perdre haleine. Ses craintes n’avaient plus lieu d’être, dès lors qu’elle sentait ses bras l’encercler de cette douceur chaleureuse. Tant bien même, celles qui persistaient mettaient en exergue cette volonté de vouloir lui accorder les mêmes augures que celles qu’il lui offrait. Voire même lui en donner plus. Oliver l’avait délivré de ses chaînes, au point qu’elle essayait de les repousser du haut de cette montagne pour qu’elles en viennent à s’écraser à tout jamais et qu’elles disparaissent. Sa naïveté l’emportait surement, néanmoins, cette bienveillance l’emportait un peu plus encore vers cette idée, celle qui, osait lui laisser croire qu’il était heureux à ses côtés. Ou du moins qu’il existait à son tour. Le manque contribuait à alimenter un peu plus cela. D’ailleurs, ce dernier se ressentait davantage alors que leur relation veillait à franchir des étapes un peu plus poussées. La jeune fille souriait dès lors que ses pensées la guidaient vers lui, son cœur s’emballait en suivant des allures parfois coupées au moment où ses yeux se perdaient dans le vide pour songer à des instants passés. Et son sourire renaissait de ses cendres telles une évidence dès lors qu’un rappel de sa présence traversait ses esprits. Elle lui avait déjà avoué une fois, elle tombait amoureuse de lui, et plus le filait, plus Shae prenait conscience qu’elle l’était déjà. Tant son bonheur ne pouvait s’exprimer qu’au travers du sien, tant son désir consistait à prendre soin de tout ce qu’il était, tant elle appréciait chacune de ses facettes au point de vouloir les chérir un peu plus pour peut être participé à un meilleur pour lui. Le bonheur d’Oliver comptait bien plus que le sien, tout comme le soutien qu’elle désirait lui offrir de manière à lui accorder cette chance de gravir lui aussi ce même sommet. Il méritait tout, au point que le monde pouvait s’ouvrir également devant lui, tout comme il lui avait appris à se laisser bercer dans le sien. Peut-être parviendraient-ils à construire leur propre monde ? A faire en sorte que leurs rêves puissent se croiser pour en élaborer d’autres beaucoup plus beaux et façonnés à leurs images ? Les croyances de la jeune fille ne cessaient de se refléter dans son propre regard. Surtout devant les attentions telles que celle qu’elle venait de recevoir à l’instant. Ses joues empourprées n’en devenaient que des témoins de plus face à cette plénitude qu’elle accueillait à bras ouverts, face à ce bonheur qu’elle se plaisait de retrouver et grâce auquel elle avait l’impression de parvenir à respirer. « Heureusement, elles t’ont trouvé. » Laissa t-elle échapper dans un souffle qui laissait entendre la conviction de son message. Son regard se perdit pendant quelques secondes dans le sien, son sourire n’en devenait que plus grand alors qu’elle témoignait de cette gratitude qu’il lui connaissait. Oliver avait ce don de réussir à mettre à l’aise n‘importe qui, parce qu’il parlait avec son cœur et qu’il osait l’écouter pour mieux transmettre son évidence.

Retrouvant cette place qui lui apparaissait comme un foyer, la jeune fille se laissa guider aux travers des allers tout en recouvrant les sensations qu’elle ne connaissait qu’aux côtés du jeune homme. Son nez se réfugiait encore dans ce bouquet qui lui prouvait une fois de plus de la bienveillance d’Oliver alors que son autre main s’accrochait à ses doigts. Son cœur l’emportait vers de nouveaux horizons, chantonnant des mélodies dans lesquelles toutes les notes veillaient à lui prouver de cette tendresse à laquelle elle pouvait prétendre. Bercée par la réalité, le sourire de la vétérinaire grandissait à vue d’œil. Tant ce dernier exprimait le bonheur grâce auquel l’infirmier contribuait. Sa timidité ne tarda pas à prendre le dessus une fois encore, au moment où le compliment franchissait la barrière des lèvres de celui duquel elle cachait son regard pour l’heure. Ses joues lui donnèrent l’impression de s’embraser une fois de plus, même si pour l’occasion, elles l’effectuer plus intensément encore. « Merci … Tu es … très élégant toi aussi. » balbutia t-elle tout en dissimulant un peu plus son visage dans les fleurs dans l’espoir de paraître un peu moins idiote. Son regard se baissa doucement alors que son sourire lui ne donnait pas lieu de se tarir mais bien au contraire il grandissait encore et encore, désireux de transmettre ce bonheur qui l’imprégnait sans même qu’elle n’ait pu l’appréhender. Mais bien vite leurs habitudes reprirent le dessus et parvinrent à permettre à la vétérinaire de retrouver un semblant de convenance pour la suite. Appréhendant chacune des informations qu’ils s’échangeaient, Shae commença à sentir une sorte d’inquiétude naître au moment où le jeune homme la rassurait de cette manière. Elle connaissait sa réserve le concernant, et tendait à l’accepter à chaque fois. Aussi, cette fois ne dérogerait pas à la règle et même si elle gagnait un peu plus en inquiétude dans cette remarque qu’elle venait d’entendre, la jeune fille se contenta de son reste pour acquiescer doucement d’un signe de tête tout en essayant de le couver du regard. Peut-être agissait-elle à tort en s’effaçant de cette manière ? Pour l’heure, elle tentait tant bien que mal de repousser un peu plus ses appréhensions de manière à agir le plus naturellement possible, pour Oliver. Ses doigts crochetaient aux siens étaient son moyen de lui prouver de sa présence et du fait qu’elle resterait à ses côtés tant qu’il le désirerait. Parce qu’elle se sentait entière à cette place mais surtout qu’elle avait l’impression que lui aussi s’épanouissait à sa manière. Les sourires qu’il lui offrait en étaient encourageants pour permettre l’élaboration d’une telle idée. Tout comme les moindres de ses attentions veillaient à lui prouver combien il tenait à elle. Il n’avait pas besoin de mot, un simple regard suffisait à la jeune fille pour prendre conscience qu’elle n’avait plus à s’excuser de lui faire perdre son temps. Il ne le perdait plus, au contraire, il lui insufflait l’idée qu’il en gagnait à chaque fois qu’ils se retrouvaient. Cette idée participait un peu plus aux chants de son cœur mais également à toute l’élaboration de ses émotions dans lesquelles elle avait l’impression d’être elle-même à chacune des avancées. Son sourire recouvra le bonheur qui l’envahissait et dont elle ne voulait plus se méfier au moment où le jeune homme lui apprit de ce repos qu’il méritait. Rassurée, quant à la réponse qu’il lui avait donné toute à l’heure, la jeune fille tenta de capturer son regard pour quelques instants de plus. Heureuse d’apprendre qu’il pourrait prendre soin de lui, voire même se retrouver ne serait-ce qu’un peu pour ainsi se reposer. « Tu sais bien que tu ne m’embêtes jamais. » rétorqua t-elle dans cette même voix timide alors qu’elle appréciait chacune de ses intentions. « Je suis impatiente que tu viennes me voir. » Le rouge ne tarda pas à monter sur ses joues et l’obligea à détourner son regard devant de telles révélations. Shae n’était pas totalement habituée encore à parler aussi librement, pourtant, elle en faisait les efforts à chaque fois qu’ils se retrouvaient. Elle désirait simplement lui prouver combien il comptait pour elle et laissait simplement sa sincérité prendre le dessus sur le reste pour l’effectuer. La sensation de plénitude tendit à la gagner un peu plus, lui laissant ressentir des frissons de bien être qui parcouraient volontiers l’ensemble de son corps au moment où elle sentait ses doigts caresser sa joue. Cette complicité l’enivrait au point de lui laisser croire un peu plus dans cette évidence qu’ils construisaient. Ensemble. Elle voulait se perdre un peu plus dans ses bras, désirait que leurs âmes puissent se parler comme elles le faisaient toujours, parce qu’ils s’étaient trouvés. Du moins, elle avait l’impression d’avoir trouvé cette âme sœur et pour rien au monde elle ne voudrait la laisser s’échapper.

Chacune des intentions de l’infirmier la poussait à croire qu’il en était de même pour lui. Ses gestes, ses mots, la manière qu’il avait de vouloir la préserver délicatement face au reste du monde, tout ceci veillait à encourager un peu plus Shae à oser croire en tout. Cet avenir qu’ils osaient regarder ensemble, ce bien être dans lequel ils pourraient se mouvoir, mais surtout ses croyances qu’ils fondaient tous les deux. Touchée une fois de plus par les attentions qu’il lui offrait, la jeune fille avait l’impression de ne pas mériter tout ceci. Pas seule. Lui aussi avait le droit à tout, lui aussi pouvait exister, il le devait bien plus qu’elle. « Je préfère qu’elle soit à nous deux… » Son sourire se joignait au sien et rapidement ses inquiétudes balayèrent son visage pour laisser son naturel recouvrait doucement de ses droits. « … si ça ne te dérange pas… » Une nouvelle part de timidité s’en vint à traverser ses yeux émeraudes alors qu’elle espérait ne pas le froisser dans ses dires. Loin d’elle cette idée, surtout pas, alors qu’elle constatait des efforts qu’il mettait en évidence pour elle. D’ailleurs, elle fut rapidement rassurée devant la comparaison qu’il émettait, ce qui les incita à rire ensemble. Surtout à se retrouver tels qu’ils l’avaient toujours été, à deux, sans se soucier du reste parce que le reste n’avait aucune importance à cet instant précis. Le sourire de la jeune fille devenait probablement de plus en plus équivoque quant à l’amour qu’elle ressentait à ce moment précis. Le terme « couple » paraissait d’une banalité déroutante pour beaucoup, mais la représentation n’en devenait qu’une évidence de plus et un espoir de plus dans son cœur. La mélodie reprit les allures qu’elle avait émise toute à l’heure alors que leurs sourires se confondaient l’un dans l’autre pour se rassurer. Le cœur de la jeune fille se trouvait à l’instant au bord de ses yeux mais aussi au bord de ses lèvres, il osait se délivrer pour retrouver sa place juste à côté de celui d’Oliver, avec celui d’Oliver. Mais rapidement le sujet des amis de l’infirmier les ramena vers une autre réalité, celle qui mettait en exergue le fait que chacun avait trouvé sa place avec les autres. « Je commence à les connaître, tu sais. » Un rire lui échappa derechef alors qu’elle espérait que son intervention soit à même de rassurer Oliver sur les anticipations qu’ils donnaient lieu de prendre dès lors qu’il s’agissait de ses amis. Shae les appréciait tous autant qu’ils étaient et avaient su déceler dans leurs comportements ce désir de protéger leur ami. Après tout, Talisa n’avait-elle pas agi exactement de la même façon (à ses dépends) dès qu’elle avait appris qu’ils se fréquentaient ? « On les verra quand tu le décideras. » le rassura t-elle une fois de plus alors qu’elle lui transmettait ce même sourire qu’il lui donnait en retour. A chacune de ses interventions, Shae avait l’impression qu’Oliver lui ouvrait un peu plus son monde. Il l’y laissait pénétrer et ce d’une manière des plus délicates et belles pour lui faire comprendre qu’elle y participait à son tour. A jamais, la jeune fille lui serait reconnaissante de cette démarche et de cette intention et elle espérait pouvoir lui prouver qu’il en était de même à son échelle.

La simplicité ne cessait de s’exprimer sous toutes ses plus belles formes dans cette soirée. Mettant en évidence des instants dans lesquels l’apaisement trouvait refuge dans ce bien être qui les consumait. Renforçant un peu plus les parois de cette bulle de bien être qui les enveloppait comme du coton. La surprise ne tarda pas à se lire sur le visage de la vétérinaire au moment où les confidences de l’infirmier lui révélèrent ses intentions de rester à Brooklyn pendant les fêtes de fin d’année. Le cœur de la jeune fille lui donna l’impression de bondir de plus belle au moment où elle comprenait les raisons pour lesquelles il désirait rester ici. Touchée de ses intentions, des larmes ne tardèrent pas à lui monter aux yeux alors qu’elle ne pouvait plus retenir le sourire qui s’affichait encore un peu plus sur ses lèvres. « Oui… » Son chuchotement se confondait dans cette joie qui l’envahissait et ce d’une manière bien distincte alors qu’elle cachait son rire de contentement derrière sa main libre. Oui, elle voulait qu’ils passent du temps ensemble, mais surtout elle désirait elle aussi pouvoir permettre à Oliver de passer des fêtes de noël avec les personnes qu’il aimait. La chaleur qui l’irradiait lui donnait l’impression de lui faire perdre la tête, au point qu’elle ramenait une fois de plus la main de l’infirmier au niveau de ses lèvres pour y déposer un nouveau baiser. « Ce serait un plaisir de connaître tes parents et de passer du temps avec eux. » Elle essayait de redresser doucement ses yeux pour croiser ses iris bleutés, jamais elle n’aurait cru avoir une telle place dans le cœur du jeune homme.  Elle en prenait tout juste conscience en cet instant. Son sourire ne se tarissait pas, laissant sous entendre combien elle était heureuse de pouvoir participer à son bonheur et un rire lui échappa au moment où elle reconnut les appréhensions d’Oliver et sa prévenance concernant un fait qu’il ne voulait pas lui imposer. Mais il ne lui imposait rien. Au contraire, il lui permettait de participer à nouveau à ce que représentaient les fondements même d’une famille. « Tout va bien, tu ne me forces à rien du tout. Promis. » Son sourire était une réalité dans laquelle il pouvait y trouver une réelle sincérité dans les dires qu’elle venait d’avancer. Finalement, elle réussit à se reprendre et laissa ses yeux se perdre dans les siens. Désireux de partager cet amour qu’elle oserait surement lui avouer à un moment donné, elle concevait chacune des appréhensions qu’il ressentait à cet instant et elle désirait simplement y faire face, juste pour lui prouver qu’il n’avait pas agit en vain et qu’elle était également présente pour lui. Elle serra d’avantage ses doigts autour des siens alors qu’il lui semblait entrevoir une sorte de tristesse passé rapidement dans le regard du jeune homme. Peut-être songeait-il à sa sœur alors qu’il venait tout juste de parler de son beau père ? Malgré la rapidité avec laquelle il avait pu se confier la dernière fois à ce sujet, surtout grâce à cette dernière en fait, Shae avait compris combien la douleur était difficile pour lui. Et en cela, la jeune fille, même si elle ne connaissait pas tous les détails, trouvait les réactions de sa sœur extrêmes. Néanmoins, elle n’avait rien dit à ce sujet, puisqu’il le lui avait demandé. Cependant, une part d’elle aurait aimé pouvoir lui apporter ce qu’il lui manquait, ce soutien, dont il avait probablement besoin mais qu’il n’osait pas laisser approcher par crainte. La vétérinaire connaissait parfaitement ce sentiment pour l’avoir vécu à son tour, pour le vivre encore d’ailleurs. Elle comprenait ce que les peurs qui figeaient dès lors que le fait de mettre des mots sur des évènements passés avaient tendance à les rendre réels.  Aussi, elle concevait le chemin qu’il leur restait encore à parcourir tous les deux, celui là même qui oserait enfin les délivrer chacun à leur tour de tout ce qui avait eu raison d’eux. Et Shae osait croire qu’une fois libres, tous les deux seraient à même de ne plus jamais oser craindre la vie, parce qu’ils seraient ensemble. Elle nota à quel point ce sujet avait raison de la joie de l’infirmier et se laissa guider peu après vers les lubies quelques peu étranges de leurs amis. Amusée par les intentions de Braeden, Shae finit par s’isoler quelque peu en rappelant à Oliver combien elle était à même de s’effacer pour le bien de tous. Certes, l’idée de se baigner dans un jacuzzi n’était pas pour lui plaire, tant cela impliquait des efforts qu’elle n’avait pas encore envisagés, cependant, elle essaierait d’agir au mieux pour eux. « C’est pas ton truc ? » demanda t-elle avec une curiosité certaine dans le ton de sa voix. Dès lors qu’elle pouvait en apprendre un peu plus sur Oliver, Shae appréciait lui poser des questions et connaître son avis sur telles ou telles choses. Leur amitié avait beaucoup fonctionné sur cette lancée et à présent, leur relation ne faisait que continuer un peu plus cette dernière. Un sourire ne tarda pas à venir s’implanter sur le coin de ses lèvres d’ailleurs, surtout devant les aspirations que pouvait trouver Braeden pour des idées saugrenues. Le groupe entier avait son unicité, si bien que d’un regard extérieur, la jeune fille en appréciait les moindres détails. Tous avaient leurs places, tous avaient leurs parts de rire mais aussi cette complicité qui mettait en évidence combien ils s’aimaient les uns les autres. Et savoir qu’Oliver entretenait cette vision en l’y intégrant, veillait à rassurer un peu plus la jeune fille. « Merci. » laissa t-elle échapper timidement alors qu’elle entendait une fois de plus combien il désirait simplement passer du temps avec elle. « C’est ce qui m’importe aussi, passer du temps avec toi. On peut aller au chalet et éviter la case jacuzzi ? » demanda t-elle en essayant de chercher le meilleur moyen pour que le jeune homme puisse se détendre avec elle. Tout ce qu’il mettait en exergue pour elle, veillait à lui faire prendre conscience qu’elle se sentait bien avec lui mais surtout qu’elle désirait plus que tout qu’il en soit de même de son côté.

D’ailleurs les gestes naturels qu’elle remplissait tout juste mettaient en exergue cette volonté. Ses doigts se crochetaient aux siens dans cet espoir infini, dans ce message veillant à prouver combien elle se sentait bien ici avec lui. Ses yeux cherchaient le refuge auxquels ils aspiraient dès lors qu’elle croisait ses saphirs. Ses lèvres douces effleurèrent sa peau délicate devant les aveux qui eurent pour écho cette mélodie qui l’enivrait davantage. Le bonheur ressemblait à cela. Jamais elle n’avait pu le connaître avant Oliver, du moins les esquisses qu’elle avait pu connaître ne ressemblaient en rien à cette merveille qu’il lui donnait de connaître avec lui. « Parce que tu existes à mes yeux. » répondit-elle le plus simplement du monde alors qu’elle laissait la berceuse l’enivrait d’avantage au point de lui faire perdre la tête. Son regard ne parvenait pas à se décrocher de celui du jeune homme et ce dernier y exprimait toutes les bienveillances qu’elle était à même de lui confier. Jamais il n’aurait pu lui faire si belle déclaration que celle-ci, parce qu’elle prouvait à quel point il lui ouvrait son cœur. « Tu existeras toujours. » se confia t-elle à nouveau des larmes dans les coins de ses yeux alors qu’elle cherchait à venir caresser sa joue de sa main libre. La plénitude donnait lieu de trouver une réelle place juste ici, dans les creux de leurs cœurs qui se livraient l’un à l’autre. Shae avait envie de se confier à son tour, de laisser parler son cœur pour le rassurer sur le fait qu’elle comprenait aujourd’hui qu’elle avait le droit d’exister à ses côtés parce qu’il la rassurait mais surtout parce qu’il lui avait appris à nouveau à respirer. Son cœur se gonflait de milles sentiments d’amour, prêts à laisser échapper ce qu’elle désirait lui avouer. Mais elle se contint devant les désirs de l’infirmier. Peut-être pourrait-elle envisager une déclaration plus tard à son tour également ? Lorsqu’ils seraient seuls à nouveau, pour l’heure, elle se mettait à rire de bon cœur avec lui. Devant cette bêtise qu’elle lui avait livré, pour ainsi leur permettre à tous les deux de retrouver contenance à leur manière. Son rire venait s’accrocher à celui du jeune homme timidement. Des lunettes en peau de saucisson. L’amusement prouvait à quel point leur complicité allait de paire avec tout le reste mais surtout combien la simplicité avait su leur faire comprendre qu’ils n’avaient pas à se cacher de l’autre. Au contraire, ils pouvaient rester eux-mêmes car ces personnes là étaient probablement les plus belles qui leur avait été donné de connaître. C’est ce que pensait la vétérinaire alors qu’elle serrait un peu plus la pression de ses doigts contre ceux du jeune homme. Signe de sa présence, mais surtout signe de son soutien face à ce qui avait pu lui causer des troubles et des craintes par le passé. « Le seul plat végétarien de la carte… » Son imitation n’était peut être pas très réussie, cependant elle désirait lui prouver qu’il n’y avait rien de honteux dans ses convictions. Au contraire, elle en appréciait la démarche et la détermination devant laquelle il se battait au quotidien. Un nouvel exemple de son altruisme à part entière, une admiration de plus aux yeux de la jeune fille qui lui souriait. Elle voulait simplement lui prouver qu’elle le suivrait. Mais surtout qu’elle voulait profiter de la meilleure façon qu’il puisse exister avec lui. Ses rêves se concevaient doucement, fiers de se dévoiler enfin devant ses yeux et dans lesquels Oliver était toujours présent à ses côtés. D’ailleurs, elle en profita pour glisser ses inquiétudes quant à la fatigue qu’il devait ressentir. La surprise la gagna doucement au moment où le jeune homme lui confiait de telles révélations, une part d’elle s’en voulait de le plonger vers ce qu’il avait eu à faire face dans la journée. Elle ne désirait que son bien, pas lui pointer du doigt des choses qui l’énervait ou qui le mettait à mal. Aussi, la jeune fille choisit de s’effacer un peu, s’imprégnant simplement de ce sourire alors qu’elle haussait ses épaules et qu’elle baissait ses yeux. « Pardon… » Le ton de sa voix exprimait sa désolation, parce qu’elle n’avait pas voulu lui causer du tort mais au contraire, prendre simplement soin de lui. Visiblement, elle n’était pas à même de lui offrir cela. « Pour l’instant ça va, les animaux font moins de bêtises que les humains pendant les fêtes. Et on a passé les périodes des saillis, on a juste un petit rythme pour les vaccins à mettre à jour. » se confia t-elle à son tour sans rapporter les relations entre collègues pour autant. Après tout, Shae s’était fait une raison et elle préférait agir comme Oliver le lui avait appris plutôt que s’inquiéter inutilement pour le reste. De toutes les manières ce qui l’inquiétait le plus n’était autre que l’infirmier devant elle. Se repliant un peu sur elle-même au moment où la serveuse réapparut, Shae se mit simplement à sourire en guise d’acquiescement dès lors qu’on lui demanda si l’apéritif lui convenait. Après quoi, tous deux reprirent leur conversation, ce qui permit à la vétérinaire de recouvrer son sourire et ce d’une jolie manière en apprenant que les amis d’Oliver se portaient bien. Elle se pinça les lèvres alors qu’il en faisait de même pour sa meilleure amie et la description qu’il émettait concernant ce passé commun. Shae ne connaissait pas tous les ressors découlant de leurs entrevues à tous les deux, les seules choses qu’on lui avait confié n’étaient autres que le fait qu’Oliver paraissait être un « chic type » rien de plus. « Je suis encore désolée pour ça… » sa culpabilité était omniprésente même si elle essayait d’en rire avec lui. « Sinon, Tali va bien. Très bien même, puisqu’elle est enfin en couple avec Chance. » La joie transparaissait dans son sourire, Shae était véritablement heureuse pour sa meilleure amie. « J’espère qu’il saura prendre soin d’elle, elle le mérite beaucoup. Mais je sais qu’ils se sont bien trouvés tous les deux. Ils se ressemblent beaucoup. » Son ton laissait présager de son ravissement pour ce sujet alors que sa main serrait celle du jeune homme.

Ce geste lui transmettait beaucoup dans le sens où il lui permettait de mieux appréhender les choses qui l’entourait. Le bruit se faisait moindre, l’imprévisible disparaissait alors que l’apaisement, lui, battait de son plein grâce à ce lien. Heureuse d’apprendre que Guizmo se portait bien, la jeune fille se mit à sourire de plus belle devant les informations du petit diable. Visiblement, le chat se plaisait beaucoup à s’amuser avec son meilleur ami, preuve indéniable du lien qui les unissait tous les deux. « Je suis contente d’apprendre qu’il va bien. Et Spooki est aussi fidèle à lui-même, têtu mais adorable, on lui pardonne vite ses bêtises. » Son sourire n’en devenait que plus grand avant qu’il n’en vienne à s’évanouir devant les inquiétudes entendues. « Oh hum… non… » s’empressa t-elle de répondre alors qu’elle perdait contenance pour essayer de rassurer au plus vite Oliver. « Je suis désolée… c’est juste… je m’inquiète pour toi, c’est tout. » Ses yeux se confondirent en excuse alors que sa main relâchait son emprise doucement. « Je ne te le demanderai plus si tu veux. » Cette fois ses yeux se mirent à fuir ceux du jeune homme pour venir trouver refuge sur la table ou plutôt sur la serviette devant elle. Une fois de plus, son désir n’était pas de le gêner ou de le mettre mal à l’aise vis-à-vis de sa fatigue et de ses inquiétudes, au contraire, elle avait cru en des droits qu’elle n’avait peut être pas encore l’occasion de fonder. Gênée par cet instant, la jeune fille n’osa redresser son regard que lorsqu’elle crut reconnaître de l’amusement dans la voix du jeune homme. Son intervention veilla à la rassurer et aussi à la faire rougir un peu face à ce souvenir qu’elle avait pu construire avec Gigi. « Elle a l’air très gentille, je comprends qu’elle fasse partie de tes amis. » se confia t-elle dans l’espoir de le rassurer cette fois. Si toutes ses tentatives étaient vaines, peut –être que celle –ci serait à même de prouver à Oliver qu’elle n’était pas si désespérée que cela. Elle lui semblait voir que sa réponse était encouragée par l’infirmier, ce qui l’incita à laisser à nouveau la légèreté se glisser juste ici entre eux pour qu’ils puissent simplement en profiter un peu plus. Son sourire, même si il s’avérait timide encore, reprenait doucement de la force qu’elle avait pu avoir toute à l’heure. « Si ça peut te rassurer, elle n’a pas voulu m’en dire plus. » finit-elle par admettre avant de prendre son verre de jus de fruit à son tour et venir le laisser tinter contre celui d’Oliver. Son regard se perdait encore dans le sien et elle ressentait de nouvelles mélodies l’enivraient au moment où son cœur bondissait contre sa poitrine. « A notre histoire à écrire ensemble. » répondit-elle avant de porter doucement le rebord du verre à ses lèvres et d’en boire une petite gorgée. Un nouveau sourire vint à s’installer sur le coin de ses lèvres, riche de cette émotion de plénitude qu’elle reconnaissait que lorsqu’ils étaient tous les deux.  Elle avait envie de le rassurer une fois de plus, de lui prouver qu’elle se sentait bien à ses côtés. « J’aimerai te dire quelque chose, mais je ne sais pas si c’est le bon endroit pour le faire… » Sa timidité se percevait nettement dans sa voix alors qu’elle laissait son regard de hasarder une fois encore sur la serviette devant elle. Ses yeux virèrent par la suite sur le côté pour retrouver le bouquet de roses offert toute à l’heure avant qu’ils ne se redressent très rapidement pour affronter ses azurs. Ils les quittèrent presqu’aussitôt alors qu’elle pinçait ses lèvres et qu’elle se mettait à déglutir tout en sentant ses joues rosir. « Je t’ai déjà dis que… j’étais en train de tomber amoureuse de toi. Et en fait, je me suis rendue compte que j’avais passé ce stade parce que … je suis vraiment amoureuse de toi. » Son cœur se mettait à battre à tout rompre contre sa poitrine, il chantait de plus belle, l’irradiait de cette chaleur réconfortante qu’elle ne trouvait que lorsqu’ils étaient ensemble. « T’es pas obligé de me répondre, je ne le dis pas pour ça c’est juste que… » Cette fois-ci, Shae parvint à redresser son regard pour oser le perdre dans celui d’Oliver. Chargé de cet amour qu’elle ressentait en ce moment même, mais surtout des craintes qui l’habitaient parce qu’elle craignait de ne jamais être à sa hauteur. « Tu mérites ce qu’il y a de mieux, parce que tu es quelqu’un. Jamais je n’aurai pu croire ressentir ce que je ressens avec toi avant, tu me montres ce que veut dire exister et je sais que c’est important pour toi. J’aimerai pouvoir partager des rêves avec toi, je sais que tu as du mal à en avoir mais peut-être qu’à nous deux ensemble on arrivera à en construire ? Tu mérites d’avoir tout ce que tu donnes et je suis en train de m’emmêler les pinceaux dans ce que je raconte. » Elle se perdait dans son discours, parce qu’il la troublait dans le même temps que sa timidité veillait à lui faire croire qu’elle n’y parviendrait pas. Pourtant, elle désirait se battre pour pouvoir offrir à Oliver toute cette montagne. « Je voulais simplement te dire que… je t’aime tel que tu es et que je me sens à ma place à tes côtés ou avec toi, parce que tu me fais croire à toute cette bonté que tu m’as appris à voir et j’espère du fond du cœur qu’une part de toi sait que je serai toujours là pour toi aussi. Et que malgré les épreuves, j’essaierai de te garder les yeux ouverts sur ces mêmes belles choses qu’on a autour de nous. » Un nouveau sourire vint à graver ses appréhensions et ce même si elle ressentait une chaleur partout dans son être. Son cœur avait parlé à son tour et elle espérait simplement qu’il ait pu trouver un écho dans celui du jeune homme.




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Jeu 7 Déc - 19:09
Tout était uniquement une question de confiance. De confiance en l’autre. De confiance en soi aussi. De confiance en l’avenir un peu également. Un avenir qui se dessinait sous les meilleurs augures. Un avenir qui leur promettait une belle existence. La vie grouillait à nouveau pour eux. Les braises incandescentes du passé se consumaient lentement pour eux, sous le tas épais des cendres froides. Et puis, un beau jour, sans savoir pourquoi ni comment, il y avait eu un petit souffle, quelques étincelles, et le feu était reparti. Le destin de Shae et d’Oliver se ressemblait à s’y méprendre. Victimes tous deux de leur passé. Enfermés depuis, dans un présent, duquel ils s’étaient sortis puisqu’ils n’avaient guère le choix. Pour eux, la vie avait suivi son cours. Petits bouts bouts de bois flottant au gré des courants. Pris dans les remous de cette eau tumultueuse représentant la vie. Tantôt bousculés, tantôt chavirés, tantôt noyés, mais flottant toujours. Et parfois, dans certains petits coins de cette eau, protégés par une grosse pierre, tourbillonnent ensemble ces petits bouts de bois qui ont subi les rapides et qui se retrouvent pour souffler, l'espace de quelques instants. Formant un petit agglomérat de survivants, malgré le courant. Survivants se tenant les uns aux autres. Les plus solides soutenant les plus faibles. Quand les petits bouts de bois arrivent à résister à la rupture du barrage, ils se sentent plus forts. Plus sensibles peut-être mais plus forts. Et même si cela se révélait être douloureux, ils parvenaient à résister ensemble, en attendant les nouveaux remous, protégé de la grosse pierre. Shae et Oliver étaient deux petits bouts de bois. Tous deux victimes de la vie, de la vraie vie. En attendant le prochain remous, qui arriverait le plus tard possible espérait-il, ils s'étaient blottis contre la pierre protectrice. L'infirmier aimait bien cette image, assez révélatrice de ce qu'ils avaient dû traverser. Ensemble, ils étaient maintenant bien plus forts pour traverser toute tempête potentielle qui viendrait à croiser leur chemin. Comme cette fausse tempête invoquée concernant les fleurs soit disant trouvées par terre. Et dans cette phrase à priori simple, il voyait tellement plus. Il n’était pas question des fleurs à ce moment précis, mais plutôt de Shae et d’eux. Dans ce souffle, il comprenait tout. Entre les lignes, il pouvait parfaitement lire à quel point la jeune femme était heureuse d’avoir croisé sa route. Et surtout il y voyait encore bien plus. Il ne s’agissait pas de simples mots, c’était bien plus que cela. Bien plus. « Heureusement ! », ajouta-t-il avec un sourire toujours plus grand. Ce sourire, témoin de cette joie incommensurable qu’il éprouvait dès qu’il se retrouvait dans le sillage de Shae. Ce sourire qui n’en finissait plus et qui ne semblait plus vouloir quitter son visage. Lui aussi était heureux d’avoir pu croiser la route de la jeune femme. Il en était presque venu à remercier ce chien qui était à l’origine de leur rencontre. Sans cette vilaine morsure, leur route ne se serait jamais entremêlée. Peut-être devrait-il penser à demander son nom à Shae, pour aller le remercier en personne, même si cela paraissait extrêmement étrange comme idée. Le comportement de la jeune femme était tellement mignon en cet instant. Instantanément, cela lui arracha un immense sourire. Un de plus. Oliver avait l’impression de passer pour le type qui se racontait des blagues à lui-même, à force d’afficher ce sourire stupide. Mais il n’y pouvait rien, il était heureux tout simplement. Il la laissa se cacher le visage dans le bouquet, sans rien dire. Afin de ne pas la gêner davantage. Les avancées sur ce terrain étaient telles qu’il n’était pas permis de la stopper en plein vol. Il la laissait faire à son rythme. D’ailleurs il aurait aimé pouvoir faire bien plus. L’aider davantage dans sa lente et longue guérison. Il aurait aimé détenir une baguette magique pour pouvoir balayer d’un simple mouvement du poignet tout le malheur enduré. Mais ce n’était pas possible, alors il s’assurait d’être là à chaque nouveau pas, chaque nouvelle petite victoire, en lui prouvant simplement qu’il serait toujours là, quoi qu’il advienne. « Oh, merci ! », lâcha-t-il finalement, alors qu’elle complimentait à son tour sa tenue. Il ne pensait pas réellement avoir fait d’énormes efforts côté tenue vestimentaire, mais si cela convenait à Shae, c’était le principal. Oliver était ravi de savoir qu'il pourrait rendre visite à Shae, sur le temps de ses congés. Il ne demandait que cela, passer un peu plus de temps avec elle. Mais il avait aussi peur de l'étouffer. Que cela soit mal interprété aussi, qu'elle en vienne à penser qu'il voulait l'isoler de ses proches. Il ne souhaitait pas cela du tout. L'infirmier avait juste besoin de passer un peu de temps en tête à tête avec elle. Pour apprendre à la découvrir. Passer cette période, sans doute auraient-ils envie de retrouver la civilisation. Oliver avait observé à plusieurs reprises ce comportement social chez ses ami(e)s en couple. Il avait toujours trouvé ces disparitions momentanées étranges et maintenant il comprenait mieux pourquoi. « Je note, même s’il y a de fortes chances pour que tu en ai marre au bout d’un moment ! ». A nouveau il la laissa faire, tandis qu’il percevait parfaitement la gêne qui s’emparait de la jeune femme. Si au départ il avait tenté de l’apaiser par le biais de mots, il avait rapidement pris conscience que ce qui fonctionnait le mieux avec la brunette, était d’adopter une attitude protectrice et de ne surtout pas lui faire remarquer lorsqu’elle était en difficulté. Un peu à la manière d’une valse, il calquait ses pas sur ceux de Shae, en veillant de ne pas lui écraser les pieds. Le tempo n’était pas toujours le bon, mais dans l’ensemble ils arrivaient à virevolter dans une harmonie connue d’eux seuls. Et ce tempo leur convenait tout à fait. Ni trop vite, ni pas assez. Un juste milieu qui leur convenait à tous les deux. 

Un juste milieu atteint. Une sorte de sagesse qu’il avait pu toucher du bout des doigts, au travers de ses expériences. Il avait compris au fil du temps qu’il était impossible de tout vivre. Qu’il ne pourrait jamais parcourir le monde une centaine de fois par exemple. Qu’il était plus important de vivre seulement l’essentiel. Chacun détenait le sien. Et son essentiel à lui,  était de partager des moments avec les personnes qu’il aimait le plus sur cette terre, de vivre de la façon la plus simple qui soit avec un minimum d’impact pour l’environnement, tout en découvrant certaines cultures. Véritable leçon de vie pour lui. Longtemps, il n’avait pas eu de chance. Entre la disparition brutale de son père, celle de sa sœur, ses relations foireuses… Il en était venu à la conclusion que le bonheur n'était certainement pas fait pour lui. Jusqu'au jour où il avait réalisé que le bonheur n'était qu'une définition somme toute relative et que chacun pouvait écrire la sienne. Il avait alors commencé à voir la vie sous un angle différent, notamment grâce à son expérience dans l'humanitaire. Il n'oublierait jamais cette rencontre avec cette famille qui avait tout perdu, qui n'avait plus de toit et pourtant si humbles, prêt à donner le peu qui leur restait. La femme de la famille lui avait alors enseigné que peu importe les coups assenés par la vie et pour qu'un jour la pièce retombe de son côté, il fallait juste jouer, souvent, beaucoup, recommencer, toujours. Insister. Et c'est ce qu'il avait fait. Il avait écouté cette dame. A force de persister, il avait réussi à faire tomber la pièce du bon côté. Depuis cette expérience l'ayant totalement transformé, il était devenu un peu plus indulgent envers lui-même, envers les autres aussi par extension. En donnant un sens nouveau à sa vie en se consacrant aux autres, il était devenu une meilleure version de lui-même. Celle-ci ne demandait qu’à évoluer encore bien entendu. Il y avait toujours de quoi s'améliorer. D'ailleurs Oliver était intimement persuadé que le jour où il cesserait de se remettre en question et d'évoluer, il ne serait plus très loin du jour de sa mort. En attendant, il avait toujours envie de faire mieux. Peut-être pour atteindre une sorte d'austérité, forme suprême de beauté, comme un but ultime à atteindre. Un truc qui lui échappait totalement au final. Avant d'en arriver à ce stade, il était simplement sa meilleure version. Et c’était cette version qu’il avait à offrir à Shae. La jeune femme était-elle aussi une meilleure version d'elle-même. En ce sens, leur relation trouvait son équilibre. Equilibre qui s'en trouvait parfois rompu, comme si la connexion en venait à se couper pour quelques secondes à peine. Et comme il l’avait pressenti, la vétérinaire préférait placer le groupe sur le devant de la scène. Elle ne souhaitait pas privilégier l’individualité, chose qui la mettait encore mal à l’aise. Oliver respectait tout à fait cela et n’insista pas sur la question. Son but n’était pas de la transformer en une version différente d’elle-même, mais de lui permettre de devenir ou redevenir celle qui se cachait au fin fond des méandres de son Je, de son « moi » interne. L’infirmier n’avait pas la présomption de se dire qu’il allait être celui qui allait changer la nature de Shae. Il n’était pas narcissique à ce point. D’ailleurs, Oliver avait appris –peut-être à ses dépens - qu’il était inutile de consacrer son temps à vouloir changer les autres. La seule personne qu'il est véritablement possible de changer, n’est autre que soi-même. Et encore, c’est atrocement difficile. Parce que cela implique une énorme remise en question. « Cela ne me dérange pas ! », enchaina-t-il le plus simplement du monde, avec toujours cette bienveillance dans la voix et dans ses attitudes. Cette soirée leur appartenait donc à tous les deux. Et c’est sur cette idée qu’ils explosèrent de rire en cœur. A l’unisson. Une seule et même voix. Prouvant là à nouveau de cette unicité et de cette belle complicité qui était la leur. Une complicité d’où perlaient déjà les prémices d’une histoire encore plus belle que celle de leur amitié. En silence. Les yeux dans les yeux. Doigts entrelacés. Sans dire un mot, puisque le silence avait cette vertu de laisser parler le regard. D’entrevoir les brumes de l’âme de l’autre. Quand on se tait, il est plus facile de percevoir les profondeurs. D’entendre cette douce chimère. Et parce qu’il savait se taire, Oliver percevait parfaitement le message que lui délivrait Shae. Elle aussi avait ce besoin d’être rassurée sur leur relation. Le sourire qu’elle venait de lui adresser prévalait bien plus que tous les mots du monde. La conversation en vint par la suite à reprendre son cours normal. La remarque de la vétérinaire lui arracha un rire léger. « Ça c’est sûr que tu commences à les connaitre. C’est d’ailleurs un miracle que tu ne sois pas partie en courant la première fois que tu as pu les croiser ! ». A croire qu’ils s’étaient tous mis en tête, ce soir-là, d’afficher leurs plus mauvais côtés, pour voir ce que Shae était capable d’endurer. Talisa, la meilleure amie de Shae, n’avait guère été mieux de son côté. Comme s’ils s’étaient tous passé le mot, afin de leur faire subir un test concocté conjointement. Test dont ils étaient sortis vivants. Souvenir qui ne fit qu’agrandir son sourire. « Avec plaisir pour les voir prochainement. On risque de me rappeler à l’ordre dans le cas contraire. Ils ne jurent plus que par toi… Je suis presque jaloux ! », plaisanta-t-il avec un air rieur dans le regard. Oliver préférait qu’il en soit ainsi, que Shae ait une place importante au sein de cette petite famille qui était la leur, plutôt que l’inverse. C’était sans doute bête, mais dans le cas inverse et si l’un des membres de la bande avait émis le moindre doute à l’encontre de la jeune vétérinaire, sans doute n’aurait-il pas essayé de creuser plus en avant avec elle. Leur avis avait une importance immense pour lui. 

Bien entendu ses ami(e)s comptaient énormément pour lui, mais plus encore ses parents étaient sa clef de voute. Ceux qui lui avaient permis de devenir qui il était aujourd’hui. Ceux grâce à qui il avait pris conscience qu’il existe des voies parallèles en dehors du long fleuve tranquille de l’existence. Certes il n’avait pas toujours été aisé de voguer sur ces voies, mais cela avait été aussi plus riche, plus intéressant que tout ce qu’il aurait pu faire par facilité ou par fainéantise. La réaction de Shae l’angoissa pendant quelques secondes, qui s’effacèrent bien vite au profit d’une joie indescriptible pour lui. Lui qui pensait qu’elle verrait cela d’un mauvais œil, était agréablement surpris de voir que visiblement c’était tout l’inverse. Face à cette réaction d’une rare intensité, il ne savait pas très bien quel comportement adopter. Il se contenta donc de resserrer un peu plus ses doigts autour de ceux de Shae. Le geste qu’elle eut alors fit naitre en lui un sentiment presque inconnu, sur lequel il n’arriva pas à placer de mots. A nouveau, ils se perdirent dans le regard l’un de l’autre, pendant une période qui lui sembla s’étirer à l’infini, tout en durant à peine quelques secondes. La relativité. Et dans cette relativité, il y avait cette constante. Celle qui faisait battre son cœur et qui lui prouvait que la vie était bien plus belle. Celle pour qui il avait envie de se battre et de se dévoiler aussi. Même s’il ne le faisait que morceaux par morceaux. « Je… d’accord. Mais surtout, si un jour quelque chose ne te conviens pas, je compte sur toi pour me le dire ! Je verrais avec eux lorsque je les aurais en ligne. » L’infirmier connaissait par avance la réponse. Eleanor et James seraient heureux de faire le déplacement pour les fêtes. Cela leur ferait le plus grand bien de se retrouver tous ensemble. Le portrait rapide qu’il venait de dresser de ses parents, le plongea presque instantanément dans l’abîme qui avait tendance à l’avaler dès que les grandes occasions pointaient le bout de leur nez. Le contact des doigts de Shae sur sa peau lui prouva qu’elle était belle et bien là pour lui. L’occasion, pour évoquer Addison, un peu plus en profondeur se présentait. Tout était réuni pour qu’il ose à nouveau parler de sa sœur. Il voulait ouvrir son cœur, comme jamais il ne l’avait fait jusqu’à présent. « Si je veux les inviter, c’est aussi pour… ». Il marqua un temps d’arrêt, avant de s’emparer dans son portefeuille de la lettre froissée et défraichie, laissée par Addison, le jour de son départ. « Ça va faire quinze ans cette année que ma sœur a décidé de partir, pour faire sa vie ailleurs. Je crois, du moins je pense que ce sera bénéfique pour nous de nous retrouver pour peut-être tourner la page définitivement ». Les mots qui venaient de franchir la barrière de ses lèvres étaient certainement les plus douloureux qu’il ait jamais prononcés. Ils n’évoquaient jamais Addi lorsqu’ils étaient ensemble avec ses parents. Ne pas en parler minimisait sans doute la douleur. Du moins pour eux, mais pas pour Oliver. Après avoir soigneusement déplié la lettre, il la tendit à Shae. Parce qu’il n’avait pas la force de lire à voix haute ce qui était inscrit sur ce morceau de papier. « Maman, Oli, Ces quelques lignes pour vous dire ce que j’ai sur le cœur. Pourquoi ce silence, pourquoi MON silence. Je n’ai plus la force de faire semblant. De ressentir. Un mot que j'avais oublié depuis bon nombre d'années. Aussi loin que je me souvienne, le vide était la seule émotion que j'ai pu expérimenter. Jusqu’à il y a un mois, je n’étais plus tout à fait vivante. Cette fuite était nécessaire pour ma survie. Vous avancez dans la vie, mais moi je stagne. Je n’arrive pas à me résoudre à vous regarder chaque jour vivre comme si Papa n’était pas important. Comme s’il était possible de le remplacer par le premier venu. […] Vous me manquerez toujours, j’emporte avec moi les souvenirs des jours heureux, avant la mort de Papa, avant l’arrivée de James. Pardonnez-moi pour cette lâcheté, mais cette vie à Baltimore était au-dessus de mes forces. Ne me cherchez pas s’il vous plait, soyez juste rassurés je suis bien, dans une nouvelle ville heureuse et enfin en paix avec moi-même. Je vous aime, pour toujours, n’en doutez jamais. » Cette lettre, il la connaissait par cœur. Chaque mot était inscrit pour toujours et à jamais quelque part sur son cœur. Et en cet instant, son cœur saignait. Il se sentait tellement fautif, de n’avoir su retenir sa sœur cadette. De l’avoir laissée seule avec ses tourments. De lui avoir laissé croire que la vie avait toujours la même saveur, avec ou sans leur père. Aussi fort que possible, il tenta de faire bonne figure devant Shae, mais cette disparition voulue l’affectait bien trop. Il lui laissa le temps de lire, en silence, en laissant son regard vagabonder par la fenêtre.

La chape de plomb qui lui écrasait les épaules sembla se dissiper au moment où ils évoquèrent la façon de fêter la nouvelle année. Façon plutôt étrange. Shae semblait curieuse de connaitre pourquoi il n’aimait pas les jacuzzis. Un éclair de malice passa à nouveau dans son regard. Il osa finalement répondre d’un air à demi-sérieux. « C’est un vrai nid à microbes ce truc ! J’ai l’image d’un gros bouillon de culture en tête. T’imagines même pas tout ce qu’on peut retrouver là-dedans… Legionella et compagnie ! C’est comme les claviers d’ordinateurs… Yerk ! Interdiction de rire, mais je crois que c’est une vraie déformation pro’. Ou bien je suis cinglé ! », lâcha Oliver, sur le ton de la confidence. Cela n’avait pas que du bon de travailler dans la santé. Il minimisait parfois certains symptômes, voire blessures, du moins en ce qui le concernait. Et dès qu’il était question de piscine, spa ou jacuzzi, il lui était impossible de participer, sous peine de faire une crise d’hystérie. « Je crois que tu peux me rebaptiser Sheldon Cooper à ce stade ! ». La comparaison le fit instantanément rire. Il espérait ne pas en arriver à ce stade de la folie. Oliver, comme tout le monde, détenait des petites manies voire tics inavouables et celui-ci en faisait partie. Il acquiesça ensuite de la tête la proposition de la jeune femme. « Seulement le chalet et l’overdose de fromage, c’est parfait et c’est dans nos cordes ! De rien. Si tu veux, tu peux leur dire toi-même en les appelant ou via message, enfin ce que tu préfères. » L’infirmier trouvait important qu’elle puisse donner son avis et surtout qu’elle puisse participer à son tour à la vie du groupe. Et plus particulièrement, prendre part à la vie tout simplement. En lui prouvant par ce genre de détails, peut-être insignifiants, qu’elle avait le droit de mener une existence comme tout le monde. Que son avis était important et surtout qu’elle avait le droit de s’exprimer et de fédérer les gens au travers de ce genre de petite initiative. Encore une fois, il n’était pas là pour la forcer à quoi que ce soit ou pour la façonner comme il le désirait. Il lui montrait seulement la voie d’une existence somme toute normale. Du moins où il n'y avait pas de contrôle par les gestes et les paroles. A nouveau, la réaction de Shae le désarçonna. Il pensait lui faire peur et visiblement ce n’était pas le cas. Bien au contraire. « Arrête de faire ces yeux-là. J’ai l’impression que tu es triste et je risque de me mettre à pleurer. J’aime pas quand les gens pleurent ! », se hasarda-t-il à dire. Et c’était vrai. Il était tout à fait capable de se mettre à pleurer devant un spot publicitaire, où il était question d’un tremblement de terre, voire pire ou des gamins pleuraient pour avoir une barre chocolatée. Trop d’empathie tuait l’empathie à ce stade. « Toi aussi tu existeras toujours. Et j’insiste sur ce fait. Peu importe ce que l’on a voulu te faire croire, c’est faux. Tu es quelqu’un à part entière et tu as le droit de vivre, d’aimer, de rire, de faire ce que tu désires. Personne ne doit te dicter ce que tu dois faire ou non… hormis les forces de l’ordre, on est d’accord. Je ne suis pas en train de te dire que tu as le droit de braquer une banque ou ce genre de chose » Petite touche d’humour à nouveau, pour dédramatiser la situation. Comme il venait de le dire à voix haute, Shae détenait son propre libre arbitre, son propre pouvoir de décision et rien n’y personne n’avait le droit de lui faire croire en son contraire. Ce fait était important. Oliver y tenait plus que tout. La personne qui osait affirmer l’inverse, ne détenait pas le droit de vivre sur cette terre, ou du moins pas d’entrer dans la vie de Shae. Il espérait sincèrement ne jamais faire partie de cette catégorie.

« Mais ! C’est mal de se moquer Shae Woodstock ! ». Oliver pinça les lèvres en essayant de retenir le rire qui s’abattit en écho avec celui de Shae, résonnant contre les murs du restaurant. Rire qui se fracassa presque aussitôt contre les remparts érigés par la jeune femme. Il ne pensait pas se heurter si durement contre les doutes de la vétérinaire. Conscient que ses paroles venaient d’être mal interprétées, Oliver se rattrapa presque aussitôt. Le fait qu’elle s’excuse une fois de plus et surtout pour une chose aussi insignifiante eut le même effet qu’un bon coup de poing dans les côtes. « Hey, tout va bien. Tu n’as pas à t’excuser, tu as le droit de faire part de tes inquiétudes. Même si tu n’as pas à t’en faire, tu me montres que tu t’intéresses à moi par ce biais. Ça n’a rien de déplacé, au contraire ! », dit-il en lui caressant à nouveau la joue. Clairement, il n’aimait pas qu’elle se rabaisse de la sorte au profit des autres, en s’excusant à nouveau de tout et surtout d’exister. C’était difficile et cela lui donna presque instantanément envie d’aller étriper de ses propres mains l’enfoiré qui était à l’origine de tout ça. Mais comme à l’accoutumée, il se contenta de sourire sans dire quoi que ce soit à ce sujet. « Tu as raison, les urgences ne désemplissent pas durant les fêtes. La faute aux huitres… enfin plutôt aux idiots qui s’entaillent les mains en voulant les ouvrir. La clinique te plaît toujours autant ? » Oliver était conscient que le monde du travail n’était pas toujours simple et même s’il lui avait ouvert les yeux, sur le fait qu’il fallait laisser les personnes toxiques là où elles se trouvaient, il n’était pas toujours aisé de composer avec. La conversation fut interrompue durant quelques instants. Instants où Oliver eut tout à loisir de voir dans le comportement de Shae qu’elle se mettait à nouveau en retrait. Si elle avait pu disparaitre en faisant soudainement corps avec son fauteuil, elle l’aurait sans doute fait. Plus il la regardait faire et plus il prenait conscience que le calvaire de Shae dépassait l’entendement et tout ce qu’il pouvait certainement imaginer de pire. Plus il en venait à se dire que ce n’était pas possible de détruire quelqu’un à ce point. Instinctivement il eut envie de la prendre dans ses bras, là comme ça sans crier gare. Aussi délicatement que possible et en évitant de faire valser tout ce qui se trouvait sur la table, il l’enlaça d’un bras, en tenant toujours sa main. « Tu n’es pas responsable du comportement des autres, d’accord ? Tu n’as pas à t’excuser pour eux. », lui glissa-t-il alors. Elle ne l’était pas et ne le serait jamais. Elle devait en prendre conscience, même si cela semblait réellement difficile pour Shae. La jeune femme semblait véritablement et profondément être responsable de la faim dans le monde, d’Ebola, des catastrophes naturelles, du comportement des prédateurs qui rodaient sur cette terre. Cela était tellement ancré en elle, qu’il était difficile de lui faire prendre conscience du contraire. Oliver était loin de se décourager, au contraire, il était persuadé qu’elle parviendrait à laisser tout ceci derrière elle dès qu’elle aurait repris confiance en elle. Mais en attendant, il lui était difficile de la voir s’auto flageller de la sorte. Il profita de la perche qu’elle lui tendit pour passer à autre chose. « C’est vrai ? Mais c’est génial pour eux. Je suis vraiment content d’apprendre cette bonne nouvelle. Chance à tout l’air d’être un type bien, il n’y a pas de raison ! » Il ne le connaissait pas plus que cela, mais il tenta de rassurer Shae à sa façon à ce sujet. Oliver était véritablement heureux d’apprendre cette nouvelle. Tout comme Shae, il voulait le bonheur de son entourage. Son sourire s’étira un peu plus alors que la vétérinaire lui donnait également des nouvelles du petit chien. « Sacré Spooki ! Tant qu’il ne fait pas de trous dans les murs, tout va bien. »

Conscient qu’il venait à nouveau de faire un impair au travers de son interrogation, Oliver s’empressa de rassurer Shae. L’absence de sourire sur le visage de la jeune femme lui fit prendre conscience qu’il n’aurait pas dû poser cette question. Ils apprenaient encore l’un de l’autre, il y aurait très certainement pendant quelques temps encore ce genre de moment de flottement. « Je m’inquiète aussi pour toi… Tu vois comme ça nous sommes deux ! Tu as le droit de poser toutes les questions que tu veux et je ne t’en voudrais jamais pour ça… enfin sauf si tu me demandes le nom de mon ours en peluche quand j’étais gamin » L’infirmier tenta de dédramatiser la situation en usant une fois de plus d’humour. Gigi les sauva d’une situation gênante, sans même en avoir probablement conscience. « Gigi est vraiment une chic fille. » Les révélations ou l’absence de révélation justement, de la part de son amie, l’amusa d’autant plus. D’un ton qui se voulait sérieux, il lâcha un « Tant mieux si elle n’a rien dit de gênant, je ne serais pas obligé de la trucider dans son sommeil » Oliver s'amusa de sa bêtise, avant de se rendre compte que cela pourrait être mal perçu par Shae. « Enfin façon de plaisanter... ». Il y avait des sujets sur lesquels il était préférable de ne pas plaisanter et il avait cru comprendre que ce genre de sujet en faisait partie. Le moins que l'on puisse dire c'est qu'il manquait parfois de subtilité. Heureusement pour lui, la serveuse le sauva de ce moment un peu étrange. « A cette belle histoire à écrire ! » en vint à renchérir le jeune homme en faisant tinter son verre contre celui de Shae. Il but une gorgée de sa boisson. Devant le besoin de confession de la vétérinaire, Oliver pris son verre à deux mains et tendit l'oreille. « Je t'écoutes... Il n'y a pas vraiment d'endroit pour dire les choses. » Il essaya de l'encourager en lui caressant le dos de la main. Il riva ses yeux aux siens et l'écouta sans l'interrompre, soucieux de ne pas la gêner encore plus. Cela ne devait pas être simple pour la jeune femme de se dévoiler ainsi, au travers des mots. Cela ne l'était pour aucun d'eux. Oliver manqua de lâcher son verre sur la table, de surprise. Il ne s'attendait clairement pas à ce genre de confession. Sourire au bord des lèvres, les yeux brillants traduisant de ce sentiment naissant et indescriptible, son cœur faisait des bonds dans sa poitrine. Il était tellement heureux qu'elle se livre de la sorte. Il n'aurait pu rêver meilleur début de soirée. Oliver essaya de garder une certaine contenance, mais il avait tellement envie de montrer sa joie, de hurler et de courir dans tous les sens à l'intérieur du restaurant. Véritable festival de bonheur dans sa tête. Cela ne lui ressemblait guère pourtant ce genre d'effusion, mais il ressentait un bonheur incommensurable. Il ne se trompait pas, Shae et lui étaient véritablement sur la même longueur d'ondes. Elle était tellement belle en cet instant, il photographia mentalement cet instant. « N... non je ne crois pas que tu me l'aies déjà dit ! Et je ne crois pas que l'on m'ait déjà dit quelque chose comme ça. Quelque chose d'aussi beau ! » A nouveau il souriait comme un idiot. Il se disait qu'il devait avoir l'air terriblement con, à sourire et à ne savoir que répondre à une telle déclaration. « Wouh, je... je ne m'attendais pas à ça ! Si je peux me permettre, ce qu'il y a de mieux comme tu dis... c'est toi ! Et personne d'autre. » Qu'il aurait aimé être plus doué avec les mots en cet instant. « Et tu m'ôtes les mots de la bouche, je ne pensais pas qu'il était possible de ressentir cela pour quelqu'un non plus. » La remarque de Shae sur le fait qu'elle était en train de s'emmêler les pinceaux rendait son discours d'autant plus authentique, d'autant plus mignon. Elle le faisait littéralement fondre sur place. D'ici peu, il ne resterait plus grand chose de sa personne. « Tu t'en sors très bien et tu es bien plus douée avec les mots que je ne peux l'être. Je me sens un peu bête, je ne sais pas trop quoi répondre... ». Il essaya de remettre un peu d'ordre dans ses idées, qui se retrouvaient complètement chamboulées par les paroles de Shae. Il riva son regard à celui de la jeune femme. Il la dévorait des yeux, un sentiment de plénitude lui dansait au creux du ventre. « Toi aussi tu es quelqu'un et j'espère que tu arriveras à en prendre conscience. Que tu mérites également d'avoir une belle vie. Tu es sincèrement la meilleure personne que je connaisse, n'en doute jamais. Je suis partant pour... construire des rêves ensemble, si c'est vraiment ce que tu souhaites. En tout cas j'en ai vraiment envie. A deux, on arrivera bien à trouver quelques idées pour que l'on ne s'ennuie pas. Même si je ne m'ennuie jamais quand je suis avec toi. J'espère pouvoir continuer pendant longtemps à te prouver qu'il n'y a pas que des mauvaises choses dans cette vie. Te montrer que ce sont les petites choses justement qui, mises bout à bout, nous permettrons de tenir la distance. Une partie de moi y croit très fort, au fait que que tu seras là. Toujours. Et je crois que je suis en train de tomber amoureux de toi... ou bien c'est déjà fait »

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