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sur l'étoile d'argent. (liên)

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Dim 11 Juin - 11:06
les bonjours, les bonne journée. les trucs des matinées habituelles.
et une missive, un message, un lettre.
c’est quand même vachement cllingy comme façon d’faire. donner les adresses dans des enveloppes.
il a l’impression, hauru, qu’il va toujours découvrir un truc de dingue.
pas cette fois.
un hôtel de fort green.
hm. plutôt habituel. pas fort green. l’hôtel.
il s’est habitué à c’lieu, hauru.
alors il sourit. le rendez-vous est le soir. il a la journée pour lui.
pas de représentation pour lui. pas de bonjour mondains qu’il se fatigue à réussir.
non, juste un hôtel. une personne. et lui.
et un lit probablement. parce que l’hôtel signifie le lit.
quoi d’autre, sinon ?

alors hauru, il remonte sur sa colline, il rentre chez lui, la journée. il joue avec les chiens, leur balance des balles, casse un vase, le jette.
personne verra, qu’il s’dit.
tout l’monde verra, qu’il sait.
mais c’est pas grave, il en rachètera un.
plus tard. plus tard.
il dort aussi. il aime dormir, parfois.
hauru.
il se fatigue rapidement.

et son réveil sonne.
il prend ses clics et ses clacs, et s’casse.
il laisse un mot.
j’vous laisse payer un nouveau vase. le chien l’a fait tomber.
honte ? non. il connait pas c’mot.

il descend de sa colline, il regarde autour de lui. hôtel. hôtel. hôtel.
là.
il entre. il demande le numéro de la chambre. c’est dans les étages. y’en a pas beaucoup. d’étages. deux.
mais c’est au deuxième.
il prend l'ascenseur. bien sûr.
et il frappe, à la porte.
et il entrouvre, passe la tête, regarde.
et voit.
ce type, là, assis sur l’canap.
bonjour. j’m’appelle hauru. j’suis l’escort. qu’il dit. calmement.
il la connaît, la phrase. il la répète, souvent. il veut pas qu’elle change, jamais.

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Dim 11 Juin - 15:26

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deuxième verre. soupir de circonstance. attente. insistance. pincement de lèvre inférieure, morsure de la joue ensuite. anxiété, sans doute. pas de cravate, c'est trop attendu. seulement une chemise blanche sur les épaules, un bouton ouvert et une dégaine présentable. il a l'air con liên, con avec son air de midinette qui donne l'impression de donner un premier rendez-vous. il sait pas. il a payé, il a donné l'adresse, il a pas attendu plus longtemps avant de squatter cette chambre argentée au vide galactique. il a eu le temps de comprendre cette géométrie ikea. ça le fait sourire, ça l'amuse. l'alcool tournoie un peu dans le verre. rouge. inspiration profonde pour apaiser ce coeur déjà trop lent. qu'il s'arrête nettement serait un luxe, qu'il lui lâche la grappe serait une bêtise autant qu'une bénédiction. les jambes croisées, le tic-tac de l'horloge qui traîne comme un tambour. et les traits qui lui reviennent à l'esprit, ce visage dessiné à la plume, terminé à l'encre grise - rien de noir, rien de blanc, ni manichéen, ni vraiment tranché. l'erreur sur le bas de la page, les petits caractères sur lesquels personne porte attention. et la porte grince, et la porte s'ouvre. ça s'abat sur son regard en catastrophe, ça lui serre un peu le bide. hauru. hauru. hauru. la beauté naïve, la plus dangereuse existante en ce bas-monde, celle qui aide aux étoiles de briller plus encore, celle que les artistes tentent de capturer en vain - mais liên, il est pas peintre ni écrivain, il laissera aux autres le luxe de l'immortaliser un beau jour.
- enchanté d'faire ta connaissance. étirement de ses lèvres rosées, il se redresse par pure marque de politesse. refaire serait plus juste, redire, revoir, et re à s'en filer un malaise. il dit rien. ce serait passer pour un obsessionnel, pour quelqu'un qu'aurait trop pensé, gardé cette photo dans une boîte en attendant une décennie avant de la rouvrir. main tendue dans l'air à son égard, premier contact déterminant - celui qui confirmera s'il et plus qu'un cadavre ambulant. liên. le timbre est paisible, le timbre est mis sous morphine, presque en sourdine. des billets foutus en l'air, des billets jetés dans le caniveau. plus rien à foutre, plus rien à faire, perdition façon grand plongeon. hauru le partisan de son vice et de sa vertu.

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Dim 11 Juin - 19:57
il le r’garde, le type, hauru.
et il est beau. beau genre, déjà. déjà, il est pas vieux. plus vieux que lui, clairement. mais moins vieux que la plupart de ses clients, à hauru.
et même si hauru, il a d’jà rencontré des mecs de 60 piges qu’il trouvait magnifique, lui, c’est autre chose.
il le détaille, sans l’détailler. parce qu’il est pas censé les détailler d’la tête aux pieds les clients. c’est eux qui font ça.
mais il l’fait, discrètement.
parce que c’type, il est beau.
une beauté un peu lunaire. un peu sombre. un peu triste. mais une beauté bien présente.
au moins, il sait, hauru. qu’il va apprécier ce job. qu’il va l’faire à fond. son job.
et qu’il va kiffer ça.

il s’lève, le type. et il lui tend la main. il lui dit qu’il est enchanté de faire sa connaissance. alors hauru lui sourit, hoche la tête.
il a l’air sympa, aussi. et il lui dit son prénom, à hauru. liên.
liên.
c’est joli liên.
liên. qu’il répète, hauru.
il aime la façon dont le prénom passe la barrière de ses lèvres. c’est joli. qu’il dit, doucement.
et hauru, il dit jamais des trucs qu’il pense pas. même quand il bosse. c’est un des trucs pour lesquels il est demandé parfois.

hauru, il prend sa main, à liên et la sert doucement.
enchanté liên. qu’il dit.
il lâche sa main. parce qu’il va pas la lui serrer toute la soirée non plus.
il a la peau pas trop douce, et pas, genre, pas douce non plus. et il aime bien la sensation sur sa main, hauru. mais la sensation, il va la ressentir fois mille, alors il échange volontiers la main contre l’reste.
il lui tourne rapidement le dos, au type, à liên, et il enlève sa veste noire. en dessous, il a un t-shirt, très simple, blanc. un jean, noir.
il se déchausse aussi. rapidement. virant une chaussure avec l’autre pied et inversement.

et il se retourne enfin vers le type, avec un grand sourire. un large sourire. il regarde le lit, puis l’type. qu’est-ce que vous voulez que j’fasse ?
et il reste là, planté au milieu de la chambre, un sourire large plaqué sur le visage.
le visage un peu penché.
il regarde son visage, à liên.
il est beau, liên.

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Dim 11 Juin - 20:24

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il l'entend, sa voix. c'est la première fois. ou sans doute qu'il l'a oublié des mois derrière. sans doute qu'il a oublié comment ça sonnait, comment ça résonnait contre le vent et se répercutait dans ses oreilles. c'est doux, presque trop tendre pour laisser entendre ce qu'il fait, ce qu'il fout, ce qu'il branle en ce bas-monde trop rude pour une telle présence. trop précieux. et y'a un moment où il balise un peu  hauru, où il se permet de complimenter, de continuer sur sa lancée, prendre ses aises. briser le miroir, la glace qui prend place d'un coup de marteau, éviter les morceaux pour pas que ça dégueulasse le reste. parce que même si le titre fait concept classe tiré directement de la belle angleterre, la pratique, elle, l'est beaucoup moins.
pute de luxe.
ouais. pute de luxe. y'a pas plus révélateur, y'a pas plus criard. et y'en a beaucoup qu'ont honte. il saurait pas dire combien de clients sont venus toquer à sa porte, à lui, là, qui sourit autant que possible jusqu'à s'en déboîter la mâchoire. il saurait pas dire liên. et ça le concerne pas. c'est un boulot, pas vraiment comme un autre. c'est un boulot qui laisse des mines dégoûtées et des fantasmes inavoués. c'est un taff. c'est de quoi. de quoi se sortir de la merde en dernier recours. de quoi. quoi ? quoi. il sait plus trop, il se mélange, il le regarde s'effeuiller en grande surface. il hausse un sourcil sur deux, liên. il est là pour ça. c'est normal qu'il fasse ça. alors le client il préfère retourner sur son petit perchoir pas si haut que ça, repose sa carcasse démantelée sur le canapé. haussement d'épaules. une main hasardeuse vient passer dans sa tignasse, pousse un petit soupir, traîne un sourire discret en demi-teinte, ni trop chaud, ni trop froid.
- rien. y'a des phrases salaces qui peuvent s'évoquer, du genre à se foutre à quatre pattes avant d'attendre la sanction, du genre à s'allonger et à pas bouger, du genre à genoux pour mieux combler l'égo pugnace. paupières closes une seconde ou deux, liên ça lui vient pas à l'esprit. pas maintenant. sans doute qu'il se fait une image glauque, qu'il passe pour un genre de fétichiste aux déboires à revoir. tant pis. j'ai rien à te d'mander. alors pourquoi se faire chier avec une telle mascarade ? il rit de lui-même, il se penche vers la table basse, reprend une gorgée de son verre avant de le reposer. ses coudes se calent sur ses genoux, il entremêle ses doigts. il admire. admire de haut en bas, de bas en haut, de gauche à droite. un coup de vent qui caresse les pommettes.
- tu risques de vite t'ennuyer. un temps. pas d'regrets. j'm'en excuse d'avance. pour la nuit, pour la levée du soleil qui viendra le pousser à se cacher dans l'ombre. le manteau noir dehors, qui s'entrevoit à peine à travers les rideaux satinés, blancs et pastels. y fixe sa bouche. elle est rouge, ça lui rappelle presque le goût de la pomme.
- ta gérante, dont l'nom m'échappe, m'a dit que t'étais un gage de... qualité ? oui j'crois que c'était le terme employé. ça doit être à cause de ce sourire. beaucoup trop. trop grand. trop agréable. coup de menton dans le néant pour le signifier, le souligner. juste là.

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Dim 11 Juin - 21:28
quand il s’retourne, hauru, le liên, il s’est rassit.
certains font ça. en général, ça appelle à c’qu’il s’assoit sur leur genoux. et que ça commence là, juste sur le canapé.
et il sourit, hauru. parce que, pourquoi pas. mais la réponse qu’il lui donne est clairement pas celle qu’il attend.
clairement pas celle à laquelle il est habitué.
rien ? comment ça rien.
hauru, il continue de sourire, mais il fronce légèrement les sourcils. il s’dit que peut-être, il va continuer, lui donner une explication, alors il reste là. comme un pic. au milieu d’la salle.
et il se sent étrangement seul.
étrangement.
paumé.
parce qu’il sait pas quoi faire, comment réagir.
mais il sourit, hauru. il continue à sourire.

il s’explique pas. il s’excuse. mais c’est bizarre. pour lui. parce que les gens ouais, parfois, s’excusent. parfois, ils pensent qu’ils ont été violents. ou qu’ils l’ont blessés, fait mal, heurter. autres choses qui font partis de son quotidien.
mais pas lui. pas lui. lui il s’excuse pourquoi, parce qu’il a peur qu’hauru s’ennuie. et hauru, il continue à sourire. mais son sourire est plus, genre. surpris. genre. ok mais qu’est-ce que j’fous là ?
mais il sourit.

surtout que, hauru, il l’a vu le détailler. il a vu ses yeux passer sur lui comme s’il regardait une gravure de mode. et il veut rien. demande rien. hauru comprend pas.
hauru, c’est la première fois que ça lui arrive.
il s’dit que peut-être, c’est un type qui connait pas. peut-être qu’il faut qu’il le guide, hauru.

et il lui fait une remarque, sur son sourire. et il redevient heureux, content, large, comme avant, son sourire. merci. qu’il dit. il rougit. un peu. parce que les compliments, il en reçoit. souvent. et qu’importe combien de fois, il continue de rougir. encore. et encore.

hauru, il passe ses doigts sur ses lèvres. oui. il connaît ça, les compliments. sur son sourire, c’est moins fréquent. alors il le regarde vraiment, c’type. parce que c’est étrange. lui, il est étrange.
mais il veut voir hauru. il veut comprendre.
alors il s’approche, pieds nus, du canapé. et il s’assoit. à côté de liên. et il croise les mains. tapote du pied, par terre. et il se mord la lèvre, parce qu’il sait pas quoi faire d’autre. parce que c’est une réaction habituelle chez lui.
et quelque part, quelque part.
il s’dit qu’ça le fera peut-être réagir.
m'sieur liên ? pourquoi vous m’avez fait venir ? si vous attendez rien de moi ? parce qu’il se pose la question, hauru.
et qu’il s’dit que s’il s’la pose, il faut qu’il connaisse la réponse, la raison.
la raison pour laquelle, merde.
il refuse de le laisser lui donner c’qu’il veut.

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Lun 12 Juin - 9:08

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c'est pas qu'il vaille pas le coup. c'est pas qu'il est pas sublime. c'est que. que. y devrait mordre dedans liên, mordre chaque foutue parcelle de sa peau comme si c'était sa dernière bouchée avant de se faire griller sur la chaise électrique. il devrait l'attraper, le jeter sur le pieu, le toucher de partout, l'emmener quelque part, la jouer comme un autre et se réveiller pour mieux le laisser partir. c'est pas vraiment comme de la comédie romantique, c'est simplement le désir peut-être égoïste de marquer le coup. de pas être qu'un numéro. de pas être d'une banalité déconcertante, de quoi se faire jeter hors de la pensée avec un bon coup de pied. y'a un moment de latence. y'a un moment où il songe au véritable sens de l'entrevue. y'en a pas. y'en a pas et ça lui plaît, y'en a pas et ça fait que craqueler encore plus ses joues d'un sourire satisfait, pire qu'un chat qu'on aurait laissé se prélasser sur son coussin. alors forcément, forcément le reste se joint à une logique intouchable dont le calcul se constitue d'une mine déconfite et d'une série de questions qui se ponctuent une à une de trois ou quatre mots. il s'assoit hauru, et il peut ressentir sa chaleur d'astre de jour lui traverser la chair. il est pas si loin que ça. il peut le frôler.
à la place il tourne la tête.
- et pourquoi pas ? le dos bien calé dans le canapé, il en vient à remonter les manches de sa chemise délicatement jusqu'à ses coudes. il laisse planer le silence, se la joue grand moment de suspens dans un film d'horreur où tout le monde sait que la greluche va clamser en hurlant jusqu'à casser des vitres. peut pas y'avoir de raisons à tout. tu crois pas ? y retourne un peu le jeu, essaie de lui insérer quelques élucubrations. sa jambe droite se plie, à l'aise, sa godasse vient se glisser sous sa cuisse gauche, l'autre reste au sol, le coude termine sur le haut du repose tête, poing fermé, il vient y caler sa tempe. pauvre chiot qui pige pas ce qu'on lui raconte, qui comprend pas la langue. si on expliquait tout, on perdrait... j'sais pas. les mythes, les légendes, les démons, les angelots fessus joufflus, les talents. tout ça, ce s'rait de la triche.
liên il percute. il percute qu'hauru il se bouffe la lèvre inférieure, il se ronge la chair. y voudrait bien le faire à sa place. il se fait à peine violence, il laisse traîner un rire de gorge.
- si ça peut t'rassurer, je suis pas là non plus pour faire le bon samaritain qui vient sauver le pauvre escort de sa vie peut-être trop difficile. il se prendrait une claque en retour, une bonne grosse gifle de quoi lui retourner le cerveau. liên il est personne pour donner une ligne de conduite à un autre, pour juger. il est pire. j'avais envie. c'est... comme ça. et pas autrement. à pas demander, pas supplier. seulement se ravir les mirettes en guettant la sculpture vivante, le gamin taillé dans le marbre, la sylphe en pleine danse.

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Lun 12 Juin - 10:05
en général, hauru, il comprend. il comprend ce qu’ils veulent. et en général quand ils donnent rendez-vous dans un hôtel, c’qu’ils veulent, c’est de finir dans l’lit.
mais pas lui. pas lui. et hauru, ça le perturbe. parce qu’il comprend pas.
et il aime penser que c’est juste qu’il sait pas. mais non. non.
il a beau faire tout ce qui est en son pouvoir, hauru, il réagit pas. liên. et hauru, ça le dérange pas, non. lui, il gagne l’argent à la fin, de toute façon. c’est juste la question lui trotte dans la tête. mais bordel, qu’est-ce que j’fous là ?
sa première réponse est évasive. répondre à une question par une question. il aime pas ça, hauru. il a l’impression d’être retourné au lycée. en cours de philo.
il a jamais aimé la philo.
il continue, liên, à lui poser des questions. et il s’énerve pas hauru, ça sert à rien de s’énerver, après tout. mais juste. ça. ouais. un peu. ça lui met un coup sur l’moral. parce qu’il sait pas c’qu’il attend, liên.
la prochaine question, ce s'ra quoi ? "vous avez quatre heures ?"
na.
il aime pas ça, hauru.

mais il adore être là.
parce qu’il regarde ses lèvres, à liên, bouger. et qu’il se mord de nouveau la lèvre inférieur. et pas juste parce qu’il s’ennuie cette fois. pas juste pour le faire réagir liên. juste parce qu’il aurait bien envie d’y placer les siennes, sur ses lèvres. à  liên.
et liên, il part dans un délire.
et hauru rigole, doucement.
parce que ouais, ce s’rait dommage. qu’il y ait plus les petits anges nus. ça aurait enlevé des scènes carrément drôle de la nuit au musée.
et puis sans démon, pas de supernatural.
et puis.

et liên il recommence à parler, dans une position qu’il a trouvé, plus confortable, peut-être. plus contemplative. il s’imagine des trucs, liên. sa vie, à hauru, elle est pas difficile. il aime sa vie. si elle pouvait jamais changer, ce s’rait même plutôt bien.
il aime l’amour. il est célibataire. un problème ?
non.
parce que si on réfléchit bien, il aime une nouvelle personne hauru, toutes les nuits.

hauru, il hausse les épaules et pose sa tête sur le dos du canapé. il est trop bas, alors sa tête part en arrière. mais il laisse faire. et il ferme les yeux, hauru. et il inspire, expire.

s’il est venu pour contempler, liên. qu’il contemple.

pourquoi pas. qu’il répète, doucement, les yeux fermés. vous savez, m’sieur liên. j’aime ma vie. et elle est pas difficile. au contraire. en fait. j’aime les gens. donc j’aime la vie. parce que j’aime les gens qui font partie de ma vie. même ceux, comme vous, qui restent qu’une nuit.
il prend une inspiration, ouvre les yeux. et sans redresser la tête, la tourne vers liên. je les aime le temps d’une nuit.

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Lun 12 Juin - 10:41

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l'appeler monsieur. m'sieur. ça doit faire partie du starter pack de l'escort, du petit guide du bon accompagnateur d'une soirée qui se finira de toute manière en partie de jambes en l'air. ça doit faire partie de ce qu'il a pu apprendre dans cette école et pas à une autre. en partie du monsieur, la politesse, le vouvoiement, l'attention toute particulière offerte, une paire d'yeux rien que pour le client loin d'être laissé à l'abandon. c'est fait pour donner de l'importance, de la grandeur, de la belle hauteur et qu'il puisse se bouffer le béton une fois l'autre parti. c'est bien pensé. ça feint les sentiments les plus délicats pour les rendre plus soyeux encore, pour se faire inoubliable, un petit panel qui viendra toujours à ses pieds. il s'imagine liên. s'imagine quels types peuvent graviter autour de sa carrure frêle et longiligne. des femmes, des hommes, cette nana qu'était à son bras durant cette fameuse soirée, cette nana qui bosse à la comptabilité. cette nana qui s'est retrouvée comme lui, en avançant plus loin, en faisant tomber la lingerie, en se dévoilant, en se laissant porter. en se faisant aimer, aimer comme on aime un amant, aimer comme on aime une figure ô combien fragile, le danger de la briser qu'est constant. aimer c'est le terme qu'il utilise, aimer, liên il saurait pas dire si c'est juste ou si c'est pour mieux l'embobiner. ça l'rend curieux. ça lui fait froncer les sourcils, capturer une attention toute particulière. l'est pas qu'un cocon hauru, il a de la discussion.
- c'est une belle philosophie d'vie.
il devrait prendre exemple sur lui. il devrait faire tout pareil et se contenter du peu pour gonfler son coeur d'une lueur éphémère, pour le faire exploser, s'écraser contre sa cage thoracique et se vider dans un élan de clarté, de joie, d'insouciance. il devrait copier. tout serait plus simple, tout serait plus tendre sous le palais - mais sans doute que c'est là que ça coince, liên, il pense trop, liên il fait taire la conscience avec un verre, puis un deuxième. parfois trois. quand liv s'est taillée, il a terminé la bouteille trop pleine - preuve de son optimisme. t'as pas à m'appeler monsieur. enfin, je m'doute que c'est dans tes obligations mais... ça m'gêne un peu. pas du tout. des conneries. des cracks. c'est simplement pour banaliser.
banaliser la gêne.
- tu les aime le temps d'une nuit... qu'il répète, songeur. il se remet à bouger, redresse bien son dos, se remet à détailler l'allure générale de la chambre. ton coeur. il doit être trop grand pour toi alors. ou bien c'est une boîte, un meuble à plusieurs tiroirs. un battement pour une nuit. un battement pour une personne. il sait pas trop ce qu'il dit liên, il a la voix un peu basse, en secret, en confession sur un oreiller invisible. un battement pour un prénom. un battement pour une personne. il se l'imagine, cet organe sanglant, mécanique qui déraille pour une foule en délire, en malaise, noircie par la déprime et l'oubli. il se permet, il se rapproche, sa main vient glisser sur son front, dégage une mèche d'hauru qui obstruait un peu la vision, tombait malhabile. il fouille dans la poche de son pantalon sombre, y trouve un paquet de clopes déformé, en sort une, lui tend le reste - un bon partage de circonstance.
- t'es en quelques sortes un distributeur d'oubli. ou je m'trompe ? pour un laps de temps que beaucoup veulent allonger. que beaucoup veulent posséder. que beaucoup veulent capturer. alors qu'y'a pas plus dur à choper qu'une luciole en plein jour.

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Lun 12 Juin - 11:27
hauru, il est bien là.
la chambre d’hôtel, c’est quelque chose qu’il connait, un endroit qu’il connaît. et un endroit dans lequel il se sent bien.
en général, il y est pas assis. pas sur un canapé. et pas genre, seul. mais il connaît, quand même. et il se sent bien. toujours.
hauru, il le regarde. parce que liên est étrange. liên sent l’alcool. liên est vieux, mais pas genre, vieux. liên est beau, d’une beauté qu’il est le seul à avoir. une beauté qu’hauru apprécie. plus que celle des autres.
mais il l’aimera pareil. parce qu’il peut pas aimer plus. et il veut pas, aimer plus.
particulièrement pas s’il continue à lui sortir des phrases philosophiques toutes les dix secondes.

d’accord liên. j’te tutoierais alors. parce que faut toujours respecter une demande du client. il est pas le premier à demander ça. sera pas le dernier. la plupart veulent qu’il les tutoie. ils se sentent plus proche de lui.
au final, il est comme les autres.

liên, il lui parle de son cœur. et hauru l’écoute. il se trompe. liên, il connait pas le coeur d’hauru. il comprend pas son fonctionnement. il sait pas les moments où il brûle ou ceux où il se refroidit.
même si le coeur d’hauru, il se refroidit jamais, en fait.

liên, il se redresse, et il s’approche. hauru, il suit le mouvement. sa tête se relève de là où elle était posée. et il attend. parce que liên est le client. et qu’il peut faire ce qu’il veut de lui, le temps d’une nuit. alors hauru lui sourit. et c’est doux, son geste. et hauru baisse les yeux. parce que étonnement, ça le gêne. et ses joues prennent une jolie teinte vin rouge.
et il rit. essayant de cacher la gêne.

c’est pas le premier à faire ça, liên. mais là, c’est différent. y’a ce “j’attend rien derrière” qu’il connait pas, hauru. et ça le perturbe.
pourquoi il fait ça ? pourquoi il agit comme ça ?

et liên reprend la parole. un distributeur d’oubli. non. non. il a rien compris. je suis un distributeur d’espoir. les gens qui viennent veulent pas juste me sauter, ils veulent que je les aime. alors j’le fais. parce que je sais aimer. je suis pas un bon menteur. je sais pas feindre d’aimer. et ils le sentent. alors juste, je les aime.
comme je pourrais t’aimer si tu le voulais. il le fixe de ses yeux étincelants, hauru. et il lui sourit en continuant de parler.
mais je les aime le temps d’une nuit. je les oublie pas après. c’est juste que, ouais. j’ai pas besoin de les aimer s’ils sont pas là. donc je les aime quand y’a besoin. t’hoches la tête. comme pour appuyer tes paroles. et mon coeur est pas trop grand pour moi. mon cœur est juste ambulant.

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Lun 12 Juin - 12:12

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- okay.
la cigarette passe entre ses lèvres, elle prend sa place convenue, achetée, il fouille encore dans sa poche liên. ça lui laisse le temps. le temps de réfléchir à ce qu'il peut dire, la manière dont il tourne ses phrases. c'est maladroit, tout en étant rondement mené. y'a du sens, y'a un chemin tout droit qui le mène à une explication pas franchement erronée, juste surréaliste. hauru y doit faire partie de cette catégorie de gens qui rendent tout plus agréable, qui permettent à la société d'avancer avec un oeil moins difficile sur ce qu'il entrevoit. ça fait tomber la palette de couleurs, ça les étale sur les murs, sur le sol et jusqu'au plafond. y'a du rouge coquelicot, du vert menthe, de l'orange, du blanc, du violet. trop. sans doute. y'a surtout les joues de l'escort qui changent, qui varient, comme un kaléidoscope dont la roue s'arrête jamais de tourner. y'a quelque chose de touchant, de délicat - une parfaite geisha. inspiration profonde, il se lève, ouvre la fenêtre juste derrière le canapé pour pas la jouer trop rustre, pour pas l'enfumer. il allume liên, il galère un peu aussi et il s'accoude sur le rebord, zieute la ville éteinte aux milles étreintes. il tire une latte, inspire profondément. ça le tuera un de ces quatre si c'est pas le vin qui aura eu raison de son foi - l'attirail du nouveau et du vieux riche, celui qui attise les convoitises en dévorant ce qu'il achète.
- j'aime beaucoup ta manière d'voir les choses. le rictus reprend ses droits, s'incruste ici et là, dévoile une mine réjouie pour un homme qui serait bon qu'à jeter à la casse. papa, maman, soyez fiers de l'erreur engendrée, celle qu'est pas capable de faire comme il faut, bien comme il faut. c'est... j'sais pas. y'a pas d'mots qui peuvent qualifier, ou seulement ceux qui tournent autour de l'enfance. et un marmot, ça se laisse pas entrer dans le monde des adultes sans se battre un peu. hauru il doit être entre deux dimensions, vagabonder, sauter, s'y complaire. il tourne sa tête, capture l'instant. capture du bout des cils la tignasse tombante de l'autre. il a encore envie de passer une main dedans.
- t'es plutôt inspirant, hauru. répéter le prénom c'est lui donner de la valeur. répéter le prénom c'est se l'imprimer en 3d pour pas pas qu'il se fasse ronger par l'acide. répéter le prénom c'est lui donner une apparence véritable à lui. lui, le fantôme. et j'devrais sans doute m'inspirer d'toi. vraiment. mais il le fera pas liên, il le fera pas parce que. parce que. parce que ? parce que quoi ? il est même pas sûr d'en connaître les raisons. il envie sa jeunesse, il envie sa bêtise, il envie sa niaiserie. il envie tout chez lui. il a envie de tout, chez lui. y recrache la fumée grise, tente de faire des ronds qui se détruisent entre eux dans le vent. l'coeur paisible et relâché, l'coeur pas ambulant, un peu agonisant.

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Lun 12 Juin - 13:35
un simple ok. et il s’dit hauru, qu’il doit probablement s’moquer de lui, liên.
parce qu’il lui sort des trucs philosophiques de merde pour ensuite juste lui dire okay.
après tout, hauru, il s’en fout. il fait s’qu’il veut. c’est lui l’client. qu’il voudrait lui parler comme une merde, à hauru, qu’il pourrait.
le traiter de tous les noms, le traiter comme la dernière des merdes. il pourrait.
c’est le client.
et hauru, il sourirait. et il l’aimerait.
parce que c’est ce qu’il fait, hauru. il aime les gens. ceux qui ont besoin de ça. d’être aimés. malgré leur pire défauts.

il fume, liên. et hauru, il s’prendrait bien une clope aussi, pour se calmer. mais il l’fait pas. c’est interdit. hauru, il plaît parce qu’il a ce côté fragile, ce côté blanc comme linge, ce côté innocent.
fumer, ça fait tâche.
alors il refuse, hauru. la boîte de clope. et il sourit quand liên ouvre le fenêtre. il est gentil, liên. prévenant, même.
il aime sa vision de voir les choses. hauru, il se demande souvent pourquoi tout le monde les voit pas comme ça, les choses. ce serait beau de les voir comme ça. oui. le monde serait plus beau, plus calme, si tout le monde voyait les choses comme il le fait, hauru.

il est inspirant, qu’il dit, liên. hauru, il comprend l’idée, il est pas débile. mais il hausse les épaules. il devrait peut-être oui, liên, s’inspirer de lui. et hauru le regarde. pourquoi tu l’fais pas alors ?
c’est facile à faire. c’est facile d’aimer tout le monde qu’il veut lui dire, hauru.
mais il le fait pas.
parce qu’il veut pas.

il aime, hauru, être le seul à connaître ce sentiment. c’est égoïste, oui. mais hauru est pas connu pour être partageur. il est même connu pour particulièrement pas l’être, partageur.
hauru, c’est c’type dans une fête d’anniversaire qui va finir le bol de bonbon alors que la moitié des invités sont toujours pas arrivés.
y’en a pas en réserve ? pas son problème. il s’est rempli l’bide, c’est c’qui compte.

égoïste hauru qui donne tant à tant de monde pourtant.
mais ça a rien à voir. hauru, dans ces moments là, il reçoit autant qu’il donne.
parce qu’hauru, il aime aimer.

il esquisse un geste, hauru. il se caresse la nuque, hauru. gêné ? non. juste de la surprise, de l’étonnement. de la réflexion surtout.
mais vraiment liên. qu’est-ce que j’fais là ?
parce qu’aussi, hauru, il aurait pu passer la nuit autre part, avec quelqu’un d’autre.
quelqu’un à aimer.
et du coup. toi, liên, tu m’as pas fait venir pour ça ? tu veux pas que je t’aime ? et il le regarde, hauru. il essaye de croiser ses yeux, à liên. au moins le temps du nuit.

il a dérivé du script, hauru.
parce qu’il les aime le temps d’une nuit.
et qu’il lui a proposé de l’aimer au moins.
au moins, le temps d’une nuit.

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Lun 12 Juin - 20:39

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l'silence est beau. le silence s'étale. le silence se rétame et se fait petite bulle de bonheur indistinct qui caresse ses sens du bout des ongles. il est plus attentif liên, plus attentif aux plissement des tissus, aux mouvements qui se contorsionnent sur le canapé, les muscles qui s'échauffent, les battements. les battements qui claquent. la respiration, celle qui traverse, qui se répercute. et celle d'hauru elle est tellement discrète qu'il se demande un instant s'il est pas en pleine fabulation, s'il a pas sniffé ou bu de trop. mais ça bouge derrière lui, ça lui permet de reprendre une latte de sa cigarette en toute tranquillité, de jouer avec la fumée sans trop s'inquiéter de la mine qu'il tirera au moment de son essai. il souffle, par le nez, par la bouche, plus lentement sur certaines secondes. il voudrait se croire artiste, liên. il voudrait se croire bon dans un domaine pas encore exploité, dans une nouvelle discipline qui lui permettra de tout révolutionner. il claque un rire sec en coin de lèvres, il tend l'oreille, il écoute. l'escort parle d'amour, l'escort joue de l'amour, mais l'escort sait sans doute pas ce qui se joue autour de l'amour. amour. amour. amour. laid comme mot à répéter autant de fois que possible, laid parce qu'il a plus de sens au bon d'un moment. laid parce qu'il est facile à user, qu'il se gangrène à chaque mauvaise prise. c'est comme jouer avec un couteau, fendre l'air de la lame. y'a un moment où ça foire, où ça pisse, avec de la chance, ça touche que le pouce. avec moins de bol, ça termine directement dans la jugulaire. il voudrait l'aimer.
l'aimer qu'il dit.
l'aimer pour une nuit. l'aimer pour cette nuit. l'aimer pour une foutue nuit. l'aimer juste là et pas un autre jour, l'aimer juste quand les lumières sont éteintes, quand les néons peinent à faire sortir les traits, dégagent des ombres. l'aimer. l'aimer. l'aimer. soupir. inspiration profonde.
- j'sais pas. sempiternelle réponse qui restera gravée dans les recoins de sa langue. il aura la véritable réponse un jour, celle qu'hauru voudra entendre, aura demandé à entendre. ce soir, lui-même il est plus trop sûr de ce qu'il fait. il voulait le voir. le reste, c'est qu'une improvisation. il se redresse. tire. le nuage grisâtre file dans la ville. il chope son regard au passage. tu pourrais m'enseigner c'que c'est, aimer, c'est vrai. mais ce serait qu'éphémère, mais ce serait que le reste, qu'une partie pas montrée, qu'une carte pas encore retournée. et maintenant. maintenant il veut pas faire une croix. c'est pas un coup de foudre, c'est pas une claque balancée, c'est pas digne d'un film mal foutu dont la fin sera de toute façon vouée à mettre deux êtres ensemble. c'est un moment.
d'égarement.
son plus beau sans doute.
- et ma phrase est plutôt mal tournée, j'dois bien l'avouer. il glousse un peu, liên. comme si j'savais pas. il sait juste plus. ça engourdit un peu ses doigts qui réagissent au froid. frisson dans le dos, il écrase la clope sur le rebord, la fait voler d'une petite pichenette avant de revenir. hauru il est toujours assis, hauru il est toujours sur le canap', alors il se cale juste derrière, il passe ses deux mains sur ses épaules. il le regarde, tête à l'envers, il sourit. encore. beaucoup.
- si ma présence t'incommode, rien n't'oblige à rester, tu sais ? au cas où il préférerait claquer la porte, au cas où hauru, il préférerait pas perdre son temps. même si ce serait dur à appréhender, même si ce serait dur à entendre venant de sa bouche. bouche de fraises, de framboises.
bouche tagada.
- même si... ce s'rait un crève-coeur. à tabler sur deux fronts. à tirer sur un fil puis un autre. sa main glisse, se fraie un chemin, se pose sur le cou, les doigts remontent sur la mâchoire. dessinent. façonnent. tout est lisse, tout est net. poupée chiffon aux iris charbons.

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Lun 12 Juin - 21:05
il s’en rend pas compte, hauru, qu’il a changé son script. il s’en rend pas compte.
il fait pas attention. parce qu’il est trop pris par le moment. il est trop pris par la contemplation qu’il fait des lèvres d’liên. la clope au bec.
et elles sont tentantes, ses lèvres, à liên.
alors non.
non.
il fait pas gaffe. à c’qu’il dit. à c’que ça signifie. à c’qu’il insinue.
parce qu’il pensait laisse moi t’aimer cette nuit. et qu'il a dit laisse moi t’aimer. tant que tu le voudras. et c’est pas c’qu’il voulait dire, hauru. pas ce qu'il devait dire.

il sait pas, qu’il dit liên. il sait pas quoi ? s’il veut qu’il l’aime ? c’est bizarre de pas savoir. et puis pourquoi refuser ? pourquoi refuser, même si c’est qu’une nuit ? une nuit d’amour, c’est mieux que rien. c’est pour ça que l’buiseness tourne bien grâce à hauru. parce que même si c’est juste une nuit. il aime.
il les aime.
il continue à parler, liên.
et pour la première fois, hauru se pose des questions sur lui. qu’est-ce qui lui est arrivé ? pour qu’il soit là. ils sont tous là pour une raison. et hauru, il a envie de savoir celle de liên.
pourquoi tu viens chercher l’amour, la compagnie, chez moi, liên ? t’es l’genre de mec qui mérite mieux. qui mérite plus. d’être aimer plus. plus qu’une seule nuit.
mais hauru, il se recentre rapidement sur son job. non. liên, il est comme les autres.
et même s’il mérite plus. il est là. et hauru l’aimera. comme il aime les autres.

il parle, rigole, reparle. et hauru, il l’écoute.
il a aimé, liên. peut-être qu’il a souffert, de cet amour. peut-être que c’est pour ça qu’il arrive pas à l’comprendre, hauru. peut-être qu’il veut pas comprendre cet amour. cet amour qui blesse pas. parce qu’il a aucune obligation après la nuit demandée.

et liên, il finit par s’lever, écraser sa cigarette. et hauru, il regarde les dernières fumées s’évaporer.
après ça, il aura besoin d’se fumer une bonne grande clope. parce qu’il aura besoin de passer à autre chose. d’oublier cette rencontre étrange. perturbante.
et liên, il passe derrière le canapé.
et hauru, il sursaute presque quand il sent les mains de liên sur ses épaules. et hauru, il lève les yeux, le regarde, liên. et sourit.
parce que c’est agréable.
et que ça réveille des trucs chez lui. et qu’il aime ça.

il parle de sa présence, liên. et de son obligation, à hauru. il réagit pas hauru, mais il aimerait lui dire que bah, si. enfin, liên a payé pour sa présence, alors il peut pas s’casser. ce s’rait une faute professionnelle.
et puis
aussi.
il veut pas partir.

et puis, liên, il veut pas qu’il parte, hauru. il lui fait comprendre, il lui fait entendre.
hauru, il sent les mains de liên, se balader sur sa peau. et il le regarde. il continue de le fixer.
il lui sourit, aussi. j’ai pas l’droit de partir. j’ai pas envie de partir, non plus.
et hauru, il pose une de ses mains sur une des mains de liên. il laisse l’autre se balader. mais celle ci, il la couvre de la sienne. et de son pouce délicat, il la caresse, doucement.

et il s’dit que finalement, il sait c’qu’il fait là, hauru.
liên, il a besoin d’être aimé aussi.
juste, un petit peu différemment.
juste, un petit peu plus.

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Mar 13 Juin - 9:33

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il a le droit. il a le droit. droit d'être là, droit d'exister, droit de respirer, droit de prétendre à quelque chose qu'il aura pas, qu'il pourra pas avoir, que l'argent pourra coincer un temps, quelques heures, quelques secondes de plus. mais ce sera juste ça. parce qu'avoir quelqu'un, c'est bien beau de le payer, le reste ça se joue avec un sacré coup d'bol et un bon gros reste de karma. alors dans sa tête liên, il essaie d'étirer chaque seconde jusqu'à ce que ça craquèle dans son crâne, jusqu'à ce que ça s'effiloche et qu'il en reste plus grand-chose. il veut pouvoir refaire ce sourire au crayon, il veut pouvoir l'entrevoir entre chaque clignement, il veut pouvoir se dire qu'il a été unique. bêtement. naïvement. la beauté critique qui marque au point de vouloir s'en accaparer. pourtant liên il se fait plus d'idées, il s'en fait pas, ou alors pas trop. il évite. parce que c'est douloureux et qu'il a assez donné, qu'il veut pas se plaindre ni qu'on le plaigne, pour autant il se sent pas de repartir dans un autre carnaval des tromperies. c'est sans doute cette sincérité qu'il recherche, c'est sans doute cette petite étincelle bleue qu'il voudrait lui piquer. il aurait sans doute préféré être comme lui. être lui. il est ce qui l'est, et ça reste compliqué d'échapper à son propre boulet de chair. le sourire continue de grandir, le sourire devient de plus en plus sincère, disposé à s'ouvrir les côtes pour qu'il trifouille dedans à la recherche d'un organe bien vivant, battant, s'imprégnant d'un autre prénom progressivement. il garde ses mains sur son visage, liên, il continue de toucher, laisse glisser, laisse aller. même sa tête elle se penche vers l'avant, se retrouve au-dessus de la sienne, ça se rapproche. il peut sentir l'air buter contre son menton. proximité en carton. proximité qui l'fait buguer. proximité qui le fout un peu en l'air. foutue bouche en bonbons qu'il frôle de la sienne, qu'il ose. parce qu'il a le droit. droit de faire ce qu'il fait.
droit de lui voler.
voler un baiser pas forcément rapide, pas forcément lent. juste ça, ce soir, c'est suffisant, juste ça parce qu'hauru il est à lui cette nuit, il est pour lui cette nuit. cadeau offert par la postérité, la bonne blague. et ça, ça, ce qu'il fait là. c'est comme un besoin pour respirer, c'est comme lui piquer son souffle. c'est se complaire, pas longtemps, d'une caresse plus chaude. il arrête liên, il arrête avant de partir dans d'autres soupirs. paupières ouvertes, il s'éloigne, recule, rompt le contact en faisant quelques pas derrière le canapé, en fait le tour.
- merci. il garde son rictus, il peut pas l'enlever, c'est son nouveau tatouage éphémère jusqu'à ce qu'il soit plus dans les parages. ça tangue dans son torse, ça se déglingue doucereusement. c'en est presque jouissif, ça le fait frémir de la nuque jusqu'aux jambes. il s'assoit sur le lit, se laisse tomber en arrière, bras écartés, fixe le plafond. c'est encore tout chaud contre sa bouche, ça pulse, ça lui fait pincer sa lèvre inférieure du bout des dents. maint'nant je sais quel goût a ton sourire. sucré. dis-moi, t'as quel âge hauru ? y se souvient pas si c'était sur le papier, y se souvient pas si c'était précisé, y se souvient de. rien. et il pose des questions à son tour, il dit n'importe quoi pour combler le vide, pour le garder encore.
juste un peu. un tout petit peu.

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Ven 16 Juin - 22:15
il caresse sa main, il continue de caresser sa main. parce qu’elle est pas douce, sa main, à liên. et qu’hauru, il aime qu’elle soit pas douce.
il aime pas trop quand elle sont trop rèches, tellement qu’il peut pas les caresser. mais là, c’est un juste milieu. c’est bien le juste milieu. c’est parfait. une matière parfaite. une beauté pas ordinaire. des mains pas ordinaires. des demandes pas ordinaires.
intrigant liên. intéressant liên. souriant hauru, du coup. c’est normal, c’est logique, ça marche ensemble, oui. tout fonctionne ensemble chez hauru. pas un endroit de son corps contredit ce qu’un autre dit. c’est pour ça qu’il arrive pas à mentir hauru. ni à mentir, ni à cacher la vérité.
et c’est pour ça qu’il est payé hauru. il est payé à dire la vérité. sur l’amour qu’il ressent. il est payé à aimer. et il aime ça, hauru. il aime aimer.
parfois il aimerait aimer plus longtemps qu’une nuit, mais il y arrive pas. il a besoin de sentir que quelqu’un a besoin d’être aimé. pour aimer.
quand c’est plus la peine, il a du mal, hauru, à aimer.
à quoi ça sert d’aimer quelqu’un qui veut pas être aimer ?
hauru, il aime même ceux qui assument pas, vouloir être aimer. mais les autres, ceux qui le veulent pas, il les aime pas.
et liên, il a besoin d’être aimé. il en a besoin. et hauru l’aime alors. il a aucune raison de pas l’aimer. et ce que liên réveille chez lui, c’est de l’amour. du désir aussi. mais de l’amour, surtout.
l’envie d’aimer. plus longtemps.
il est de ces clients qui lui donnent envie d’aimer plus longtemps qu’une nuit. mais il aura plus besoin d’être aimé demain matin. alors hauru, il arrêtera de l’aimer.

liên, il continue de lui toucher le visage doucement. de lui caresser cette peau si douce. parce qu’il sait qu’il a la peau douce, hauru. trop, trop douce. peau de poupée de porcelaine.
il en a peur hauru. des poupées de porcelaines. elles sont trop parfaites. peut-être que c’est ce qu’il est hauru, trop parfait pour être réel. peut-être que c’est pour ça qu’il apparaît que comme ça à ses clients.
comme une chimère.
comme un rêve.

et liên s’approche. il approche ses lèvres. et hauru, il anticipe. avec bonheur. parce qu’il attend que ça, hauru. ses lèvres attendent que ça. de nouvelles lèvres. et hauru, il ferme les yeux. et il répertorie. parce qu’hauru, les lèvres de ses clients, il les connaît. et il les met toutes dans une étagères, dans un coin de son cerveau. lèvres douces, comme les siennes, à hauru. lèvres charnues. lèvres pulpeuses, ou fines. et il en a des centaines, des lèvres, hauru. celles de liên, c’est un nouvel ajout.
et il s’éloigne, liên. hauru rouvre les yeux, et le regarde, aller s’allonger sur le lit, en lui lançant un merci insouciant. il faut qu’il arrête liên. de le remercier.
je suis là pour ça.
et il dit des belles choses liên. et hauru, il a envie de lui demander quel goût il a, son sourire. parce que c’est toujours beau ce qu’il dit, liên.
et liên, il lui demande son âge. alors hauru sourit.

hauru se lève aussi. à son tour. et il va s’allonger à côté de liên. sur le ventre. et il regarde le visage de liên. j’ai eu 20 ans y’a deux jours. le 7 juin. mais on m’demande de pas l’dire, de dire que je suis plus jeune, ou plus âgé. 18 ou 25. selon les gens. la mentalité. ce qu’ils recherchent. mais t’es incompréhensible liên. je sais pas ce que tu veux. alors du coup, j’dis la vérité à toi. j’ai eu 20 ans y’a deux jours.
et il sourit, hauru. et il passe une main dans ses propres cheveux. sépare une mèches des autres, et la tourne, doucement entre ses doigts. et il attend.
parce qu’il sait pas ce qu’il recherche, liên.
il veut tout lui donner. mais il sait pas ce qu’il doit lui donner.
il sait pas ce que liên veut qu’il lui donne.

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Dim 18 Juin - 10:45

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il parle beaucoup hauru.
mais sa voix, sa voix elle est belle, sa voix elle résonne comme un sifflement un beau matin, elle s'attarde quelques part dans ses oreilles, elle s'incruste, elle reste. elle est pas vraiment grave, pas foncièrement féminine non plus. elle tape dans un milieu juste, si bien qu'il pourrait lui demander de lui raconter ce qu'il veut jusqu'au petit matin, tant que ça continue à résonner pareil, tant que ça s'affirme, tant que ça reste, ça s'imprime. ça se cale là, juste sous la chair. et ça le fait sourire liên, avec une tendresse qui lui est pas vraiment propre. à bien s'imaginer, y se dit qu'il a rien de plus que les autres, que ça doit être habituel cette mine attendrie, qu'il en a vu d'autres, des tas d'autres et ce malgré son jeune âge. vingt ans et déjà coupable de sa propre vanité, vingt ans et déjà coupable de porter un masque aux traits si élimés qu'ils poussent la populace à se retourner. liên il en ferait partie. liên il fait partie de la foule. liên il est pas de ces gens qui peuvent se permettre de s'en acoquiner, de s'en marrer. lui il a que ses billets pour trouver de quoi se combler.
- vingt ans... qu'il répète. digne d'une supplique qui se verrait murmurée sur un autel à l'invocation d'un hypothétique dieu ou démon. vingt, vingt, vingt. c'est deux fois dix doigts. c'est deux fois dix. c'est même pas la moitié d'une existence bâtarde. c'est que le début. inspiration profonde à nouveau, il tourne un peu la tête sur le matelas, quelques mèches s'effondrent sur son front - c'est pas assez bien coiffé pour être statique. t'es si jeune... celle qu'il a pas, celle qu'il a plus. y devrait être père maintenant liên. y devrait avoir des mouflets, toute une petite tripotée de marmots qui courent dans les couloirs, qui se ramassent, se font mal.
roulement d'yeux.
il se fait violence pour pas y songer. pas maintenant, pas tout de suite. ça vaut pas le coup, ça gâcherait la magie surréaliste, idiote. particulièrement idiote.
- j'aime bien que tu m'dises la vérité. ça lui fait sentir qu'il est spécial ou potentiellement assez unique pour qu'il laisse les répliques apprises de côté. et j'suis pas si incompréhensible. rire de gorge qui vrombit. faut croire que j'aime te faire perdre ton temps. haussement d'épaules, mains jointes qui se calent à l'arrière de son crâne. il le zieute du coin de l'oeil, liên. d'la mauvaise graine. ricane à nouveau. c'est pas pareil. c'est la gueule de bois en général, c'est les corps qui s'étalent sur le matelas et dont il se souvient pas les noms, c'est la bouteille de champagne trop lourde à ouvrir tellement le prix est exorbitant, c'est la paire de pompes sur un coup de tête, déglinguée dès le lendemain.
là c'est que hauru.
- et ton sourire, il est sucré. comme... d'la barbapapa ou un paquet de dragibus.
murmure.
cassure.
y referme les portes sur sa réalité - paupières lourdes.
fait noir. fait bon.

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Dim 18 Juin - 18:03
il le r’garde, hauru. il est beau, liên. beau comme la pleine lune, ou comme une éclipse qui cacherait le soleil. c’est pas très grave qu’il cache le soleil. l'éclipse est plus belle que l’soleil. il se souvient, quand il était gamin, hauru.
il était à l’orphelinat et un surveillant lui avait mis des lunettes sur le nez, et l’avait fait regardé l’ciel. bah c’était un des plus beaux trucs qu’il a vu, hauru.
et liên, il lui rappelle un peu ça. l’éclipse solaire. éclipse lunaire.
oui.
lien, c’est une éclipse lunaire.
hauru a toujours aimé l’astronomie, c’pour ça.

il le regarde aussi,hauru, parce qu’il essaye de l’comprendre liên. il sait pas comment agir avec lui.
hauru, il est toujours payé à aimer. différemment chaque personnes, mais toujours à aimer. physiquement, à un point donné. pas là. pas avec liên. hauru, il a l’impression que liên, il veut pas être aimé physiquement. il veut juste qu’hauru l’aime. simplement qu’il lui dise, qu’il le sente. pas qu’il lui prouve, hauru.
et c’est la première fois qu’on le croit sur parole, hauru. et ça l’fait sourire. de savoir que lui, il a pas besoin de preuves. qu’hauru il peut juste l’aimer, et que ça lui suffira.
ça l’frustre hauru.
parce qu’autant parfois, il préférerait aimer les gens juste comme ça. sans avoir à les toucher. ça change rien pour hauru.
autant là.
là, c’est différent.

il répète son âge, liên. et il hoche la tête. la mèche de cheveux toujours entre les doigts. ouais 20 ans. hauru, il s’demande quel âge il a lui, liên. mais il demande pas. il a pas le droit de demander, c’est dans son contrat. parfois les clients pourraient avoir honte de répondre qu’il paraît.
hauru, il le r’garde quand liên, il parle. il aime bien sa voix à liên. il a une voix grave. et c’est beau. ça chante, presque.
hauru, il a l’impression de s’faire envelopper dans de l’eau chaude quand il l’écoute.
et c’est bien trop agréable pour qu’il arrête de l’écouter quand ce sera l’matin.
mais il aura pas l’choix, hauru. parce qu’il doit l’aimer. seulement une nuit.

il lui parle du goût de son sourire. sucré. ça l’étonne pas, hauru. et il sourit.
et liên ferme les yeux. et hauru sourit d’autant plus.
il s’baisse doucement, et l’embrasse, à son tour.
c’est court, très court.
parce qu’il est pas censé prendre l’initiative, hauru. jamais. mais il a envie, alors il le fait. tes lèvres, elles ont le goût d’alcool. mais aussi de lune. j’ai jamais gouté la lune. mais j’suis sûre que la lune est merveilleusement bonne. et j’suis sûre que ça a l’même goût que tes lèvres. l’alcool en moins.
et hauru, il s’laisse tomber sur le dos aussi. et il regarde le plafond.
finalement, même s’il comprend pas ce qu’il fait là, ou qu’il sait pas comment ça va finir, cette nuit.
il est heureux d’être là.

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Dim 18 Juin - 22:01

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alcool et lune, c'est pas fait pour marcher ensemble, c'est pas fait pour se rencontrer un beau jour. c'est pas comme si la lune elle buvait un martini chaque soir, c'est pas comme si, à la place du citron, on mettait un morceau de lune dans un cocktail. c'est pas fait pour fonctionner, pour se retrouver quelque part. pourtant, pourtant hauru il arrive à faire que. il arrive à faire qu'à un moment ça puisse paraître logique après un baiser qui se vole, qui s'attrape, qui le fait frémir jusqu'au plus profond de ses tripes. il a été décidé. il a été fait, comme ça, par son propre chef. ça le rassure peut-être. et ça le fait sourire aussi, pas mal. assez pour qu'il ressemble à un idiot auquel on aurait donné une faveur aussi grande qu'une galaxie. il continue de bavasser. qu'il continue.
- t'arrête jamais de parler. qu'il souffle, totalement anodin. parce que liên il plane un peu, il relâche l'anxiété qui lui foutait tout en pelote, il relâche ses capacités de bienséance, de compréhension, d'enfant bourgeois qui sait se tenir, qui sait embrasser comme il faut la main d'une dame. il redevient à peu près humain, à peu près mortel qui essaie pas de s'enfuir de sa propre situation. il garde les paupières closes, il veut se conforter dans son souffle, s'enrouler dedans.
il pense n'imp',
il a plus de fil rouge.
- t'es plus escort à ce stade. un temps. t'es un genre de damoiseau de compagnie. il passe une main dans sa propre tignasse, inspire profondément. je t'avoue que moi-même j'sais pas comment je fais pour pas dévorer ton cou. haussement d'épaules. un peu trop d'alcool peut-être. c'est qu'une vérité qui se voile derrière un mensonge, c'est qu'une mince petite partie de l'autre côté de la pièce qu'il veut pas lui mettre sous les yeux.
- et je préfère que tu l'sache. je compte te redemander. ouvre une paupière pour lui lancer une oeillade discrète, complice, presque amusée. peu importe si ça commence à piquer dans ses membres, à s'alourdir, le début d'un sommeil paisible méconnu jusqu'à maintenant. ou te retrouver dans brooklyn. rire de gorge. c'est pas 'fin, j'suis pas dangereux hein. c'était pour... je sais pas. la beauté du geste.
à la place, il en rêvera,
de son corps, de ses courbes,
de ses lignes parfaites. avant d'y toucher,
un de ces quatre, quand il aura plus peur qu'il devienne poussière.

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Lun 19 Juin - 11:16
il est heureux parce qu’en face de lui, y’a quelqu’un qu’a besoin de lui. probablement d’une façon différente que tous les autres.
les autres ont des femmes, veulent juste quelque chose de différent. quelque chose de nouveau. de jeune.
lui c’est pas ça, qu’il veut, liên. c’est autre chose. et même si hauru arrive pas à mettre sa main sur quoi, au moins y’a un truc qu’il sait, c’est qu’il aime pouvoir le faire.
hauru, il s’est posé aussi, sur le lit. ils vont rien faire, il l’a bien compris. et même si ça l’frustre, c’est c’que souhaite liên, c’est c’que souhaite le client.
déjà il a enfreint la règle, en l’embrassant. alors il fera pas plus. il a pas le droit.
il peut pas se forcer aux clients. ce serait l’monde à l’envers.
alors juste il regarde le plafond et il attend. parce qu’il parle avec liên, c’est ça qu’il fait.
c’est peut-être même carrément pour ça qu’il a été payé, qui sait ?

il lui fait une remarque, liên, et hauru, ça le fait rire, doucement. de c’rire quasi silencieux, quasi cristallin qu’il performe à la perfection. c’est pas que ça l’fait rire, non. même s’il le ressentira pas liên, c’est plus un rire jaune. on lui a dit à hauru, souvent. qu’il fallait qu’il arrête de blablater pour rien dire.
si seulement ils savaient que s’il a été embauché comme escort, c’est surtout pour ça. pour sa capacité à parler. de tout. comme de rien.
un damoiseau de compagnie, qu’il dit. c’est joli. il aime bien hauru. damoiseau de compagnie. il sourit alors. parce qu’il aime aussi le ton qu’il a pris pour le dire, la voix qu’il avait. comment les voyelles se dégageaient des consonnes. et que c’était beau.
et un aveu. et hauru, il le regarde, les yeux un peu ouverts, un peu plus grands. surpris, étonné. alors c’est pas juste qu’il en a pas envie, liên ?
et c’est retour à la case départ pour hauru.
liên, qu’est-ce que je fais là ?

parce qu’il s’disait, peut-être, peut-être oui, il a juste besoin de compagnie. que quelqu’un lui parle, le comprenne. mais non. et l’alcool. il parle de l’alcool. alors y’a que ça ? qui fait barrage ? mais merde liên. je le veux. tu le veux. l’alcool le veut pas. alors rien ? c’est carrément stupide comme calcul. l’alcool, ça craint.
et il pourrait bouder hauru. parce que ce s’rait bien son genre. mais il le fait pas et il attend. que l’temps passe. il attend.
et liên il lui dit. qu’il compte repasser du temps avec lui. en le redemandant, ou même en le recroisant dans brooklyn.
et hauru, il lui sourit. il le regarde le regarder, sans vraiment que leurs yeux se croisent.

ce s’rait beau, en peinture.

l’hauru, il devrait pas genre, prendre des initiatives. mais il le fait. encore.
il passe sa main dans les cheveux d’liên, et il les caresse, doucement. sans jamais toucher son crâne, juste ses cheveux. un peu comme un peigne humain. il démêle, avec délicatesse, toute la délicatesse qu’il aurait pu mettre autre part cette nuit, il la met là. à toucher ses cheveux. tu peux dormir s’tu veux. enfin. j’veux dire. j’ai été payé pour la nuit, alors j’serais là quand tu t’réveilleras. et puis, si tu comptes me reprendre, on verra bien. mais pour l’moment, tu peux dormir, j’serais là. à côté de toi, toute la nuit si tu veux. par contre, j’te recroiserais pas dans brooklyn, je ferais tout pour t’éviter. ou si j’te croise, j’ferais comme si j’te connaissais pas. parce que c’est mon job.
mais ça il lui expliquera plus tard. plus tard. quand le temps déboursé sera terminé. quand son travail, à hauru, de l’aimer, sera terminé.

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